CDP : comprendre le référentiel mondial de transparence environnementale

CDP : comprendre le référentiel mondial de transparence environnementale

L’essentiel à retenir

  • Le CDP, anciennement Carbon Disclosure Project, est un système international de divulgation des données environnementales.
  • Il met en relation les entreprises, les investisseurs, les banques, les grands donneurs d’ordre et les pouvoirs publics autour d’un langage commun.
  • Son questionnaire couvre principalement le climat, mais aussi l’eau, les forêts, la biodiversité, les plastiques et, depuis 2026, les enjeux liés à l’océan selon les profils d’organisations.
  • Le CDP ne se limite ni à un questionnaire ni à un score. Il collecte, structure, compare et met à disposition des données utilisées pour la décision et le pilotage.
  • Le CDP complète le GHG Protocol, la SBTi, les standards ISSB et la CSRD. Il ne remplace ni une méthode de comptabilité carbone, ni une validation d’objectifs, ni une obligation réglementaire.

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Une entreprise peut découvrir le CDP de manière très concrète : un investisseur lui demande de divulguer ses données environnementales, un client souhaite évaluer ses fournisseurs ou une banque cherche à mieux comprendre les risques associés à son portefeuille. Dans ces situations, le CDP est souvent présenté comme un questionnaire à compléter ou comme une notation à obtenir.

Cette présentation reste partielle. Le CDP constitue aujourd’hui l’une des principales infrastructures mondiales de transparence environnementale. Il organise la collecte, la structuration, la comparaison et la diffusion d’informations sur le climat et les autres enjeux environnementaux. Son système est utilisé par les entreprises, les investisseurs, les acheteurs, les pouvoirs publics et les acteurs des chaînes de valeur. Il a donc toute sa place dans une stratégie de décarbonation en entreprise : le CDP permet de structurer et de rendre comparables une partie des informations qui documentent cette stratégie.

Le nom CDP vient de Carbon Disclosure Project, l’appellation historique de l’organisation. Son périmètre s’est progressivement élargi bien au-delà du carbone. Comprendre le CDP permet donc de mieux saisir la circulation actuelle des données environnementales et leur place dans les décisions économiques.

Le CDP est devenu une référence mondiale du reporting environnemental

Pourquoi le CDP a-t-il été créé ?

Le CDP a été lancé à Londres en 2000, dans un contexte où les investisseurs commençaient à s’intéresser aux conséquences économiques du changement climatique. Ils disposaient toutefois de peu d’informations comparables sur les émissions des entreprises, leur exposition aux risques climatiques ou leurs stratégies de réduction.

La première demande structurée de données climatiques a été adressée aux entreprises en 2002. Environ 240 entreprises avaient alors répondu. Le dispositif reposait déjà sur une logique qui reste centrale aujourd’hui : des investisseurs demandaient aux entreprises de publier des informations homogènes afin de mieux évaluer les risques et les opportunités liés au climat.

Cette origine permet de comprendre le positionnement du CDP. L’organisation n’a pas été créée comme une autorité réglementaire ou comme un organisme de certification. Elle répondait à un besoin de marché : rendre disponibles des données environnementales comparables pour éclairer les décisions d’investissement.

En quelques années, le dispositif a changé d’échelle. En 2025, plus de 23 100 organisations ont divulgué des informations par l’intermédiaire du CDP, dont plus de 22 100 entreprises. Ces entreprises représentaient près des deux tiers de la capitalisation boursière mondiale. Le périmètre inclut également des villes, des États et des régions.

Le CDP a conservé son nom court à mesure que sa mission évoluait. Il se présente désormais comme une organisation internationale qui gère un système indépendant de divulgation environnementale. En juin 2026, il a également annoncé une évolution de son organisation avec, à terme, une activité CDP et une CDP Foundation chargée de contribuer à l’évolution des principes et méthodes du dispositif. Cette transformation était encore en cours de mise en place à la date de rédaction de cet article.

Une organisation qui ne se limite plus au climat

Le climat reste le thème historique et le plus largement couvert par le CDP. Les entreprises sont notamment invitées à communiquer sur leurs émissions de gaz à effet de serre, leurs objectifs, leur gouvernance climatique, leurs risques, leurs opportunités et leurs plans de transition.

Le dispositif prend également en compte d’autres dimensions environnementales :

  • la sécurité hydrique ;
  • les forêts et les risques liés à la déforestation ;
  • la biodiversité ;
  • les plastiques ;
  • l’adaptation et la résilience ;
  • les enjeux liés à l’océan.

Les thèmes ne s’appliquent pas de manière identique à toutes les organisations. Le contenu dépend du profil de l’entreprise, de son secteur, de ses activités, des demandes reçues et des modalités du cycle de divulgation. Le questionnaire corporate complet ne suit donc pas exactement le même parcours que le questionnaire PME, le questionnaire villes ou le questionnaire États et régions.

En 2025, le CDP recensait 22 165 entreprises ayant divulgué sur le climat, près de 9 935 sur la biodiversité, 9 922 sur la sécurité hydrique, 3 828 sur les forêts et 4 262 sur les plastiques. Ces chiffres correspondent à des périmètres thématiques qui peuvent se recouper : une même entreprise peut apparaître dans plusieurs catégories.

Pour le cycle 2026, le CDP a ajouté pour la première fois des questions sur les dépendances, les impacts, les risques et les opportunités liés à l’océan. Cette évolution illustre l’élargissement progressif de la transparence environnementale vers une approche plus globale des interactions entre les entreprises et les écosystèmes. Précision intéressante sur ce sujet : pour le questionnaire corporate complet CDP, l’océan relève de l’opt-in et ces datapoints ne sont pas scorés en 2026.

données cdp

Pourquoi le CDP est-il devenu une référence internationale ?

Le succès du CDP tient à la combinaison de plusieurs facteurs.

D’abord, le dispositif propose une structure commune. Les entreprises répondent à des questions organisées autour de grands thèmes comparables : gouvernance, stratégie, risques, objectifs, émissions, plans d’action et résultats. Les investisseurs et les acheteurs peuvent ainsi analyser des informations présentées selon une logique similaire, même lorsque les entreprises appartiennent à des secteurs différents.

Ensuite, le CDP s’appuie sur un réseau important de demandeurs et d’utilisateurs. En 2025, 640 investisseurs représentant 127 000 milliards de dollars d’actifs ont demandé aux entreprises de divulguer des données par l’intermédiaire du dispositif. La même année, plus de 270 grands acheteurs ont sollicité environ 45 000 fournisseurs dans le cadre du programme Supply Chain (Keeping Pace, Data Factsheet, CDP 2025).

Enfin, la répétition annuelle du dispositif crée une continuité. Les données peuvent être comparées d’une année sur l’autre, les progrès suivis et les écarts identifiés. Le CDP fournit ainsi un langage commun à des acteurs qui ne disposent pas toujours des mêmes outils, des mêmes méthodes ou des mêmes niveaux de maturité.

Comment fonctionne le CDP ?

Le CDP, le questionnaire et le score : trois notions distinctes

Le CDP désigne l’organisation et l’ensemble de l’infrastructure de divulgation. Celle-ci comprend les questionnaires, la plateforme de réponse, les bases de données, les règles de publication, les méthodologies de scoring et les services d’accès aux données.

  • Le questionnaire CDP est l’instrument de collecte. Il permet aux entreprises et aux acteurs publics de communiquer des informations sur leurs enjeux environnementaux, selon leur profil et les thèmes qui leur sont attribués.
  • La plateforme CDP Portal constitue l’interface opérationnelle. Les organisations y reçoivent les demandes, accèdent à leur questionnaire, saisissent leurs informations et soumettent leur réponse.
  • Le score CDP est un résultat dérivé de la réponse. Il synthétise la qualité et le niveau de maturité de la divulgation selon la méthodologie de l’organisation. Il ne constitue donc pas le CDP lui-même.

Cette distinction compte pour éviter plusieurs raccourcis. Une entreprise peut divulguer des données sans que toutes les informations soient accessibles publiquement. Le score et la réponse peuvent également obéir à des règles de visibilité différentes selon le type de demande reçue.

Qui demande aux entreprises de répondre ?

Les entreprises répondent généralement parce qu’une partie prenante souhaite accéder à leurs données environnementales. Plusieurs catégories d’acteurs peuvent être à l’origine d’une demande.

  • Les investisseurs et institutions financières sollicitent les entreprises de leur portefeuille dans le cadre du programme Capital Markets. Les banques, assureurs, gestionnaires d’actifs et propriétaires d’actifs utilisent ensuite les informations pour analyser les risques, suivre les trajectoires de transition et engager un dialogue avec les entreprises.
  • Les clients et grands donneurs d’ordre peuvent demander à leurs fournisseurs de répondre au CDP, notamment pour améliorer la visibilité sur les émissions de Scope 3 et les risques environnementaux de la chaîne d’approvisionnement. Cette démarche passe par le programme CDP Supply Chain.
  • Les banques peuvent également utiliser le dispositif dans le cadre de leur relation avec les entreprises clientes, de l’analyse des risques de crédit ou de programmes de financement durable.

Les entreprises elles-mêmes peuvent choisir de divulguer volontairement, même lorsqu’elles n’ont pas reçu de demande formelle. Le CDP prévoit alors un parcours de réponse destiné aux organisations qui souhaitent se sélectionner elles-mêmes.

Les villes, États et régions répondent à des questionnaires spécifiques. Leurs données servent notamment à suivre les risques climatiques, les plans d’action, les besoins d’adaptation et les progrès des politiques territoriales.

La logique d’ensemble peut être résumée simplement : une partie prenante demande une information, une organisation répond dans un cadre standardisé, puis les données sont utilisées par plusieurs catégories d’acteurs.

CDP transparence environnementale

Quelles informations sont collectées ?

Le CDP s’intéresse à la manière dont une organisation comprend, gouverne et gère ses enjeux environnementaux.

Les informations demandées peuvent porter sur :

  • la responsabilité du conseil d’administration et de la direction ;
  • les politiques environnementales ;
  • les risques physiques et les risques de transition ;
  • les opportunités liées à la transition ;
  • les émissions de Scope 1, 2 et 3 ;
  • les objectifs de réduction ;
  • les plans de transition ;
  • les investissements et les dépenses associés ;
  • le prix interne du carbone ;
  • l’engagement des fournisseurs ;
  • les dépendances et les impacts sur la nature ;
  • les résultats et les progrès réalisés.

Le CDP cherche ainsi à dépasser la simple publication d’un volume d’émissions. Une entreprise peut afficher un bilan carbone, mais aussi devoir expliquer qui porte le sujet, comment les risques sont intégrés à la stratégie, quels objectifs ont été fixés et quels moyens sont mobilisés.

Le questionnaire devient alors un révélateur de la maturité du système de management environnemental. Il met en évidence les données disponibles, les responsabilités établies, les informations manquantes et les écarts entre les ambitions affichées et les actions engagées.

Comment les données divulguées au CDP sont-elles utilisées ?

Les données CDP sont utilisées à plusieurs niveaux.

Les investisseurs peuvent analyser les entreprises d’un même secteur, repérer les expositions aux risques climatiques et environnementaux, suivre les engagements ou dialoguer avec les directions générales. Les données peuvent aussi alimenter des travaux de recherche, des indices, des produits financiers et des analyses de portefeuille.

Les acheteurs peuvent comparer les niveaux de maturité de leurs fournisseurs, identifier les postes d’émissions prioritaires et engager des plans de progrès. L’intérêt est particulièrement important pour le Scope 3, puisque les émissions liées à la chaîne de valeur sont souvent difficiles à mesurer directement.

Les entreprises peuvent enfin réutiliser leurs données pour leurs propres besoins : préparation d’un reporting réglementaire, suivi d’une trajectoire climat, réponses à des appels d’offres, dialogue bancaire ou analyse des risques.

L’accès dépend toutefois du statut de l’utilisateur et des conditions de divulgation. Une réponse peut être publique ou non publique, tandis que certaines données détaillées sont accessibles dans le cadre de programmes ou de licences spécifiques. Le score public ne donne donc pas nécessairement accès à l’ensemble des informations déclarées.

Pourquoi le CDP est devenu stratégique pour les entreprises

Un outil utilisé par les investisseurs

Les données environnementales sont devenues des informations économiques. Elles peuvent influencer l’évaluation des risques, l’allocation du capital, la relation avec les actionnaires et l’analyse des perspectives de transition.

Les investisseurs utilisent le CDP pour examiner plusieurs dimensions :

  • l’exposition de l’entreprise aux risques physiques ;
  • la dépendance aux énergies fossiles ;
  • la qualité de la gouvernance climatique ;
  • la crédibilité des objectifs de réduction ;
  • la prise en compte du Scope 3 ;
  • la robustesse des plans de transition ;
  • les opportunités liées à la décarbonation.

Une entreprise qui répond au CDP rend sa stratégie plus lisible auprès de plusieurs investisseurs à la fois. La réponse ne se substitue pas à une analyse financière ou extra-financière complète, mais elle fournit une base structurée pour comparer les organisations et préparer le dialogue.

Le score peut servir de signal synthétique, notamment pour repérer les organisations ayant atteint un niveau élevé de divulgation et de gestion. Il ne suffit toutefois pas à apprécier la performance environnementale réelle d’une entreprise. Le CDP précise que sa notation porte sur la qualité et la maturité de la réponse, et non sur une mesure absolue des impacts.

Un levier de dialogue avec les clients et les fournisseurs

La pression environnementale se diffuse désormais le long des chaînes de valeur. Les grands groupes cherchent à obtenir des données primaires auprès de leurs fournisseurs afin d’affiner leur Scope 3, d’identifier les risques et de préparer leurs propres engagements.

Une étude CDP et BCG publiée en 2024 estimait que les émissions amont de Scope 3 représentaient en moyenne 26 fois les émissions opérationnelles des entreprises étudiées. Cette donnée doit être interprétée dans le périmètre de l’étude, mais elle illustre la difficulté à piloter les émissions indirectes sans information provenant des fournisseurs.

Le CDP offre aux acheteurs un cadre de demande commun. Ils peuvent solliciter plusieurs fournisseurs à partir d’un même dispositif, comparer les réponses et organiser des actions d’engagement. Pour les fournisseurs, la réponse peut devenir un élément du dialogue commercial, de l’évaluation de la relation client ou de l’accès à certains marchés.

Cette dynamique explique pourquoi une entreprise peut être concernée par le CDP même lorsqu’elle n’est pas soumise directement à une obligation réglementaire de reporting. La demande vient alors de son écosystème économique.

Un outil de pilotage interne

Répondre au CDP peut également améliorer le fonctionnement interne de l’entreprise. Le travail mobilise généralement la direction RSE ou climat, la direction financière, les achats, la supply chain, les ressources humaines, les opérations et la direction générale.

Cette transversalité oblige l’organisation à clarifier plusieurs points :

  • qui produit les données ;
  • qui les contrôle ;
  • quelles méthodes de calcul sont utilisées ;
  • quels objectifs sont suivis ;
  • quelles décisions relèvent de la direction ;
  • comment les résultats sont communiqués aux parties prenantes.

Le CDP peut ainsi faire apparaître des fragilités qui restaient invisibles dans un reporting plus fragmenté : données dispersées dans plusieurs fichiers, périmètres mal documentés, responsabilités peu définies ou absence de suivi des actions.

La réponse annuelle crée également un rythme de pilotage. Les données de l’année précédente servent de point de comparaison, les indicateurs peuvent être actualisés et les progrès suivis. La démarche gagne donc à être intégrée à un système de gestion des données environnementales plutôt qu’à être traitée comme un exercice documentaire isolé.

Quelle place occupe le CDP dans l’écosystème environnemental ?

Le CDP est souvent cité aux côtés du GHG Protocol, de la SBTi, des standards ISSB et de la CSRD. Ces dispositifs sont complémentaires, mais ils ne remplissent pas la même fonction.

CDP et autres dispositifs environnementaux

Le CDP et le GHG Protocol

Le GHG Protocol fournit les principes et les méthodes de comptabilisation des émissions. Il aide l’entreprise à définir son périmètre organisationnel, à calculer ses émissions et à distinguer les différents scopes.

Le CDP s’appuie largement sur ces cadres pour structurer les informations demandées. Il ne remplace toutefois pas le GHG Protocol. Une entreprise doit disposer d’une méthode de comptabilité carbone suffisamment solide avant de déclarer ses émissions dans le questionnaire.

Le CDP et la SBTi

La Science Based Targets initiative, ou SBTi, aide les entreprises à définir des objectifs de réduction cohérents avec les données scientifiques sur le climat. Le CDP, de son côté, collecte et rend visibles les objectifs, les émissions et les progrès déclarés.

Les deux dispositifs sont donc liés, mais pas interchangeables. La SBTi fixe les critères d’alignement et peut valider certains objectifs. Le CDP organise la divulgation et le suivi des informations environnementales. Une réponse CDP ne vaut pas validation SBTi. [24,25]

Découvrez également notre page dédiée à la SBTi et aux trajectoires climatiques des entreprises.

Le CDP et les standards ISSB

Les standards de l’International Sustainability Standards Board, ou ISSB, visent à produire des informations utiles aux investisseurs, prêteurs et autres créanciers. IFRS S1 couvre les informations générales liées à la durabilité, tandis qu’IFRS S2 porte spécifiquement sur le climat.

Depuis 2024, le questionnaire corporate du CDP est aligné sur IFRS S2, qui constitue sa référence de base pour la divulgation climatique. Cet alignement facilite la réutilisation des données et limite les doubles collectes pour les entreprises qui répondent à plusieurs cadres.

L’alignement ne signifie toutefois pas que répondre au CDP équivaut à publier un rapport conforme à IFRS S2. Les exigences de périmètre, de matérialité, de présentation, de gouvernance et d’assurance peuvent différer selon le cadre applicable.

Le CDP et la CSRD

La Corporate Sustainability Reporting Directive, ou CSRD, impose à certaines entreprises européennes de publier des informations de durabilité conformément aux standards ESRS.

Le CDP et EFRAG ont publié une table de correspondance entre le questionnaire CDP et ESRS E1, le standard européen consacré au climat. Cette cartographie porte notamment sur les plans de transition, les objectifs climatiques, les émissions des Scopes 1, 2 et 3 et le prix interne du carbone.

Cette interopérabilité peut aider les entreprises à organiser une donnée environnementale réutilisable. Elle peut également réduire les doublons entre les réponses au CDP et certaines informations demandées dans le cadre de la CSRD.

Le CDP ne remplace cependant pas le reporting CSRD. Une entreprise soumise à la directive doit appliquer les ESRS pertinents, respecter les exigences européennes de publication et se soumettre au niveau d’assurance prévu par les textes. Les deux dispositifs répondent à des objectifs proches sur certains sujets, mais leur statut et leur portée juridique restent différents.

Vers une harmonisation des données environnementales

Les entreprises doivent aujourd’hui répondre à de nombreuses demandes d’information : questionnaire CDP, reporting réglementaire, demandes clients, attentes des investisseurs, évaluations fournisseurs, objectifs SBTi ou questionnaires liés à la finance durable.

Cette multiplication crée un risque de dispersion. Chaque service peut produire ses propres indicateurs, utiliser des périmètres différents ou conserver ses données dans des outils séparés.

Le CDP s’inscrit dans une tendance de convergence internationale. Son questionnaire est mis en correspondance avec plusieurs standards et initiatives, dont le GHG Protocol, IFRS S2, TNFD, GRI et SBTi. L’objectif est de permettre aux entreprises de collecter une donnée de qualité, puis de la réutiliser dans plusieurs cadres.

Cette logique peut être résumée par l’expression write once, read many : produire une information documentée une fois, afin de l’utiliser dans plusieurs reportings et échanges avec les parties prenantes.

La convergence ne signifie pas que tous les référentiels vont devenir identiques. Le GHG Protocol restera une référence de comptabilité carbone, la SBTi conservera son rôle sur les objectifs, la CSRD répondra à une obligation réglementaire européenne et l’ISSB ciblera prioritairement les besoins des marchés financiers.

Pour les entreprises, l’enjeu consiste donc à construire une gouvernance commune de la donnée environnementale. Cette gouvernance doit préciser les définitions, les périmètres, les facteurs d’émission, les sources, les responsables, les contrôles et les règles de validation. Elle facilite ensuite les réponses au CDP tout en renforçant la qualité du reporting réglementaire et du pilotage stratégique.

Conclusion

Le CDP est devenu bien plus qu’un questionnaire environnemental. Il constitue une infrastructure mondiale qui organise la circulation des données entre entreprises, investisseurs, banques, grands donneurs d’ordre et pouvoirs publics.

Son dispositif repose sur une demande de transparence, une collecte structurée, des règles de divulgation, une méthodologie de scoring et plusieurs modes d’accès aux données. Son périmètre s’est élargi du climat vers l’eau, les forêts, la biodiversité, les plastiques et l’océan.

Pour les entreprises, le CDP répond à trois enjeux : documenter leur stratégie environnementale, dialoguer avec leurs parties prenantes et améliorer leur pilotage interne. Il devient d’autant plus utile lorsqu’il s’appuie sur une gouvernance robuste des données et sur des méthodes reconnues comme le GHG Protocol.

Le CDP complète la SBTi, les standards ISSB et la CSRD. Il ne remplace ni la comptabilité carbone, ni la validation d’une trajectoire, ni le reporting réglementaire européen.

Le CDP n’est donc pas seulement un exercice de reporting. Sa valeur dépend surtout de la capacité de l’entreprise à produire une donnée environnementale fiable, gouvernée et réutilisable, aussi bien pour répondre aux demandes de ses parties prenantes que pour éclairer ses propres décisions. Autrement dit, l’enjeu est de faire du reporting environnemental un véritable outil de pilotage.

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