Comment passer d’une DPEF à un reporting CSRD ?

Conseils d'experts pour réussir votre transition de la DPEF à la CSRD

Comment passer d’une DPEF à un reporting CSRD ?

L’essentiel à retenir

  • Passer de la DPEF à la CSRD implique un changement de logique, pas seulement de format.
  • La CSRD repose sur des normes européennes (ESRS), une double matérialité et des exigences accrues en matière de données et de gouvernance.
  • Toutes les entreprises ex-DPEF ne sont pas forcément concernées par la CSRD, mais beaucoup restent indirectement impactées.
  • La DPEF constitue une base de travail utile, à condition d’être restructurée et alignée avec les exigences CSRD.

La Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) qui était depuis plusieurs années la référence en matière de reporting est aujourd'hui remplacée par la CSRD, qui marque une transformation profonde du reporting extra-financier.

Pour les entreprises historiquement soumises à la DPEF, l’enjeu n’est donc pas de “remplacer” un rapport par un autre, mais bien de faire évoluer leurs pratiques, leurs processus et leur gouvernance. Dans cet article, les experts du logiciel CSRD Toovalu vous donne les clés pour réussir votre transition de la DPEF à la CSRD.

De la DPEF à la CSRD : ce qui change réellement (au-delà des textes)

DPEF : définition rapide

La Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) a été introduite en France en 2017. Elle était obligatoire pour certaines entreprises selon des critères de chiffre d'affaires, de bilan et d’effectif. L'objectif recherché était d'obliger les sociétés à communiquer sur les implications sociales et environnementales de leurs activités  ainsi que sur leur mode de gouvernance.

Le contenu de la DPEF

Afin d’être en conformité avec la réglementation, la DPEF devait contenir :

  • Une présentation détaillée de l’activité de l’entreprise et son modèle d’affaires
  • Une analyse des principaux risques ESG
  • Les politiques appliquées pour y faire face
  • Les résultats de ces politiques, avec des indicateurs clés de performance (ICP)

Elle devait être insérée dans le rapport de gestion de l'entreprise et faire l'objet d'une publication librement accessible sur le site internet de la société.

Un changement de logique avec la CSRD

Alors que le régime de la DPEF accordait de la souplesse aux sociétés, la CSRD impose une approche normée, structurée et comparable, fondée sur des standards communs (ESRS) et une analyse formalisée de la double matérialité.

Découvrez les nouveaux ESRS en détail dans ce livre blanc rédigé par des experts CSRD.

Un changement de niveau d’exigence

Avec la CSRD, l'exigence de reporting ESG est renforcée :

  • passage d’indicateurs “choisis” à des indicateurs attendus,
  • renforcement de la traçabilité et de la fiabilité des données,
  • montée en puissance du contrôle externe.

Ce qui change pour les entreprises non concernées par la CSRD

Toutes les entreprises soumises à la DPEF n’entrent pas automatiquement dans le périmètre CSRD tel qu’il est redéfini après le paquet Omnibus.
Certaines entreprises de taille intermédiaire peuvent désormais sortir du champ obligatoire.

Mais sortir du périmètre réglementaire ne signifie pas sortir du jeu : les attentes du marché, des investisseurs, des clients ou des financeurs restent fortement alignées sur les principes de la CSRD.

Pour ces entreprises, adopter une logique inspirée de la CSRD est un bon réflexe qui permet de :

  • répondre aux demandes des parties prenantes,
  • sécuriser les relations commerciales,
  • structurer sa stratégie de durabilité,
  • anticiper de futures évolutions réglementaires.

Ce que les entreprises peuvent (et doivent) capitaliser de leur DPEF

Ce qui reste pleinement utile

  • cartographie des risques extra-financiers,
  • indicateurs historiques,
  • structuration des politiques RSE,
  • implication de la gouvernance.

Ce qui doit être repensé

  • passer d'une matérialité simple à une double matérialité,
  • passer d'une narration générale à un alignement stratégique,
  • passer d'un reporting annuel à un pilotage en continu.

Comment préparer concrètement la transition vers la CSRD ?

Etape 1 : Clarifier sa situation réglementaire

Identifiez précisément si votre entreprise est soumise ou indirectement concernée. Pour cela, vous pouvez déjà vous référer à notre article complet sur la CSRD post Omnibus.

Echéancier CSRD entreprises 2026

CSRD post-omnibus : téléchargez l'échéancier pour comprendre précisément si votre entreprise est concernée et quand.

Etape 2 : Repenser l'exercice de reporting ESG

Avec la CSRD, l’enjeu est désormais de dépasser la logique de conformité minimale : la directive impose un cadre structurant qui doit être intégré aux processus internes, à la gouvernance et à la stratégie, notamment via :

  • La double matérialité, qui devient le point d’entrée du reporting CSRD. Il faut donc adopter une approche de double matérialité structurée, qui relie et priorise les impacts extra-financiers et les risques et opportunités financiers
  • L'intégration des ESRS dans les processus internes de l'entreprise, plutôt qu'en fin de cycle

Etape 3 : impliquer les équipes plus largement en interne

Un reporting CSRD sera réussi si ses enjeux et sa réalisation sont partagés largement en interne.

Il est tout d'abord nécessaire d'impliquer la gouvernance, car la crédibilité du document dépend aussi de son pilotage au plus haut niveau.

DAF, RH, Juridique, Achat : l'équipe CSRD doit aussi être plus large que celle qui était impliquée par la DPEF.

Dans la mesure du possible, il est pertinent d'associer au maximum les parties prenantes en amont, pour assurer la pertinence des indicateurs.

Enfin, pour rassembler en interne, il est également nécessaire de mettre en avant les liens entre performance extra-financière et stratégie globale de l’entreprise.

Découvrez des conseils pour embarquer efficacement la CSRD dans notre article dédié.

Etape 4 : Structurer la donnée

La CSRD impose une grande rigueur sur la collecte et le traitement des données ESG, qui se doit se concentrer sur 4 axes principaux :

  • fiabilité,
  • comparabilité,
  • consolidation groupe,
  • anticipation de l’audit.

Ces pratiques, déjà attendues dans le cadre des travaux DPEF, sont plus que jamais à adopter avec le reporting CSRD, qui impose un niveau de détail et de vérification renforcé.

Pour cela il faut notamment :

  • Utiliser des indicateurs clairs et quantitatifs pour mesurer les résultats et les comparer dans le temps.
  • Structurer et fiabilisez ses données, grâce à des flows de validation clairs et précis, et une plateforme ESG performante
Collecte de données ESG : nos conseils

Questions fréquentes DPEF CSRD

Faut-il repartir de zéro quand on passe de la DPEF à la CSRD ?

Non. Les travaux réalisés dans le cadre de la DPEF constituent une base utile, notamment sur l’identification des risques, les indicateurs historiques et la gouvernance.
En revanche, la CSRD impose de restructurer son reporting selon les normes ESRS et de les inscrire dans une logique de double matérialité et de pilotage stratégique.

Quelle est la première étape pour réussir la transition vers la CSRD ?

La première étape consiste à clarifier sa situation réglementaire (soumise, hors du périmètre ou indirectement concernée), puis à lancer une analyse de double matérialité structurée, qui servira de socle à l’ensemble du reporting CSRD.

Les indicateurs utilisés dans la DPEF sont-ils encore valables ?

Certains indicateurs peuvent être conservés, notamment s’ils sont suivis dans le temps et pertinents pour l’activité.
Cependant, la CSRD impose des indicateurs standardisés définis par les ESRS : il est donc nécessaire de vérifier la compatibilité des indicateurs existants et, le cas échéant, de les compléter ou de les adapter.

Qui doit être impliqué en interne dans le passage à la CSRD ?

Contrairement à la DPEF, souvent portée par une équipe restreinte, la CSRD nécessite une approche transverse impliquant la direction générale, la finance, la RSE, les risques, les achats, les systèmes d’information et parfois les ressources humaines.
La gouvernance est un facteur clé de réussite.

Que faire si l’entreprise n’est finalement pas soumise à la CSRD ?

Même hors obligation légale, s’inspirer de la CSRD reste pertinent.
De nombreuses entreprises sont indirectement concernées via leurs clients ou partenaires soumis à la directive. Adopter une logique proche de la CSRD permet d’anticiper les demandes du marché et de structurer durablement sa démarche ESG.

La transition DPEF vers CSRD doit-elle se faire en une seule fois ?

Non. La transition peut (et doit souvent) être progressive :

  • structuration de la donnée,
  • montée en compétence interne,
  • amélioration continue du reporting.

L’important est d’adopter une trajectoire claire plutôt que de viser une conformité immédiate parfaite.

Conclusion : de la conformité DPEF au pilotage CSRD

La DPEF a posé les premières bases du reporting extra-financier.
La CSRD en a fait un outil de pilotage stratégique, structuré, comparable et auditable.
Pour les entreprises, réussir la transition ne consiste pas à produire un rapport de plus pour se mettre en conformité, mais à intégrer la durabilité au cœur des décisions et des processus. La transition de la DPEF à la CSRD repose sur une organisation solide, une donnée fiable et des outils capables de soutenir la complexité des normes ESRS.

Pionnier des éditeurs de logiciel RSE ESG, Toovalu accompagne des centaines d'entreprises dans leurs enjeux de conformité ESG et CSRD.

Demander un échange