Des conseils d'experts pour réussir votre reporting CSRD

La CSRD encadre le reporting extra-financier depuis 2025 avec ses exigences de transparence et d'action. Mais comment faire pour la déployer à l'échelle de votre entreprise ? Implication des équipes, double matérialité et stratégie RSE, les experts de la plateforme CSRD Toovalu vous expliquent comment faire.
On en entend parler depuis 2021 : la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) marque un tournant dans le reporting ESG en imposant un cadre harmonisé à l’échelle européenne. Dans l’objectif de fiabiliser et renforcer la publication d’informations extra-financières, cette nouvelle réglementation se base sur près de 1200 données à potentiellement collecter (quantitatives et narratives) réparties sur 10 thèmes (dans 12 normes ou ESRS : Changement climatique, Pollution, Utilisation des ressources, Effectif de l’entreprise, Communautés affectées, Conduite des affaires,...).
Définie selon les trois piliers ESG traditionnels (“Environnement”, “Social & Droits de l’Homme” et “Gouvernance”), la CSRD a cependant pour ambition d’aller plus loin en impliquant l’entièreté de la chaîne de valeur de l’entreprise dans une optique de transparence et de responsabilité. L'objectif du texte : placer le reporting extra-financier au même niveau que les informations financières.
Elle est en outre basée sur le principe de la double matérialité, qui impose de prendre en compte non seulement la matérialité financière qui traduit les risques et opportunités induits par l’environnement (écologique, social, économique) sur le modèle d'affaire de l'entreprise, mais aussi la matérialité de l’impact, c’est à dire les impacts potentiels de l’entreprise sur l'environnement et la population.

Si c'est vous qui pilotez le sujet en interne, sans être un véritable expert, vous devez avoir une bonne maîtrise du sujet, avec une forte prise de recul sur ses enjeux et implications pour votre entreprise.
Attention à ne pas commettre l'erreur de vouloir à tout prix être ultra compétent avant de monter une équipe et lancer le projet en interne : vous pourrez très bien monter en compétences petit à petit.
Voici quelques ressources disponibles pour bien appréhender les enjeux CSRD :
En premier lieu, il est essentiel de sensibiliser et former sur ce sujet encore assez nouveau et complexe. Il s'agit à la fois de :
Un sujet 360° comme la CSRD nécessite de sensibiliser des collaborateurs de toutes les entités, pays et à toutes les states (avec différents niveaux d'implication bien sûr).
Pour faire comprendre à un maximum de vos collègues les enjeux du texte, vous pouvez par exemple proposer :
La CSRD se pilote comme un projet transverse car ses enjeux sont multiples et stratégiques (données, conformité, stratégie, finance).
La création d'une équipe transverse sur la CSRD est donc primordiale, notamment avec la Direction Financière qui est directement impactée par cette directive.
Une équipe CSRD efficace doit réunir au minimum :
Ceci constitue le noyau dur du groupe de travail transverse, avec des attentes et contributions bien distinctes pour chacun.
Ce noyau dur doit être complété selon le secteur de l'entreprise, les opérations et les risques/audit interne.
Au-delà d’un effort de reporting, l’objectif de la CSRD est d’amener les entreprises vers la définition d’une stratégie RSE structurée et exhaustive.
S'il est bien pensé et structuré par des outils et une accompagnement CSRD dédiés, l'exercice peut même devenir un réel outil de pilotage au cœur de votre stratégie d’entreprise. D'où l'intérêt de sensibiliser à tous les niveaux de gouvernance afin d’intégrer au mieux ces enjeux.
Une fois les équipes créées et sensibilisées, faire un premier état des lieux de votre démarche RSE actuelle au regard des attendus de la CSRD permettra de mieux appréhender ce nouvel effort de reporting.
Il est important de comprendre que chaque entreprise ne sera pas forcément concernée par les 12 ESRS de la CSRD. Tous les points de données ne seront donc pas obligatoirement à intégrer dans le périmètre de déclaration.
Comme détaillé ci-après, c’est l’analyse de matérialité qui permettra de déterminer de manière exhaustive les thèmes sur laquelle l’entreprise devra déclarer.
Cependant, en amont de cet exercice complet se déroulant sur plusieurs mois, une première analyse approximative permettra d’évaluer rapidement les écarts importants afin de cadrer et anticiper le travail de préparation.
Pour cette étape, le Diagnostic CSRD qui constitue le premier volet de l'accompagnement CSRD Toovalu propose d’établir un état des lieux de la maturité de votre démarche RSE au regard des thèmes abordés par la CSRD et des indicateurs imposés :
L’objectif : vous donner une vision d’ensemble de la marche à suivre et mieux structurer votre démarche CSRD et votre analyse de matérialité.
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La matérialité est une notion couramment utilisée dans les référentiels de reporting extra-financier afin de prioriser les enjeux susceptibles d’avoir un impact sur l’entreprise.
Comme mentionné plus haut, la CSRD va cependant plus loin avec la double matérialité, dont l’objectif est d’évaluer non seulement les impacts de l’environnement sur l’entreprise, mais aussi ceux de l’entreprise sur son environnement.
La CSRD impose donc de réaliser une analyse de double matérialité sur l’intégralité des ESRS (mise à part l'ESRS 1 qui concernent les principes généraux).
Les entreprises ayant déjà réalisé une analyse de matérialité simple pourront la mettre à jour en incorporant la dimension de matérialité d’impact. L’objectif de cette analyse est de déterminer les sujets abordés par les ESRS qui sont matériels et sur lesquels l’entreprise devra donc déclarer les informations demandées par la CSRD.
En prenant le changement climatique, le cadre européen prévoit une présomption de matérialité. Pour qu'une entreprise ne soit pas matérielle sur ce volet, il faudrait qu'elle puisse démontrer :
C'est donc peu probable pour une entreprise qui remplit les critères de soumission à la CSRD.
En parallèle de l’analyse de matérialité, préparez-vous au reporting dès maintenant afin de mieux appréhender l’effort de collecte des données et indicateurs nécessaires.
Afin de gagner du temps et d'anticiper ses sujets qui nécessitent plusieurs mois de mise en place, vous pouvez tester en 15 min votre maturité sur la double matérialité, grâce au diagnostic en ligne et gratuit Toovalu
Comme mentionné plus haut, la vaste majorité des entreprises européennes doivent s'intéresser aux données présentées au sein de l’ESRS E1 - Changement climatique, qui aborde des sujets probablement matériels pour toutes.
Réaliser son Bilan Carbone® est donc une étape indispensable pour répondre à ce volet de la CSRD.
Or la réalisation d'un Bilan Carbone® est sensiblement plus longue la première année que les suivantes, et l'empreinte carbone devient bien plus précise et fiable au fil du temps (voir l'exemple de notre client Mondial Relay).
Pour anticiper la CSRD et monter en charge de manière progressive, vous avez donc tout intérêt à calculer et piloter dès maintenant votre Bilan Carbone®, si possible via une plateforme dédiée pour suivre son évolution sur plusieurs années et analyser votre empreinte par business unit, pays, produits, services etc. en quelques clics.

Que ce soit pour la collecte des donnes du Bilan Carbone® ou pour d'autres reporting ESG, la qualité des données est essentielle pour un reporting ESG à la fois conforme et efficace comme levier de pilotage de la performance.
Les données que vous collectez doivent être à la fois :
Pour une collecte efficace, voici quelques règles d'or :
Le plus tôt possible, commencez à calculer et piloter certains indicateurs ESG afin de vous familiariser avec l'exercice et les attentes de la réglementation.
Vous pouvez aussi vous rôder sur l'exercice de reporting, en publiant d'ores et déjà des rapports RSE, même s'ils ne couvrent pas encore tous les enjeux demandés dans le rapport de durabilité.
Dans la majorité des entreprises, la CSRD se pilote efficacement en binôme RSE + Direction Financière. La RSE apporte la cohérence ESG, la connaissance des référentiels et la logique d’impact, tandis que la finance garantit la rigueur des périmètres, la gouvernance de la donnée et l’auditabilité. Une gouvernance partagée facilite aussi l’intégration de la CSRD dans les processus de reporting existants, ce qui accélère l’appropriation par les équipes.
Une équipe CSRD efficace doit réunir au minimum : RSE, Finance/Consolidation, Juridique/Compliance, Achats, RH et SI/Data. Selon le secteur, il est également recommandé d’intégrer les Opérations / sites, ainsi que Risques ou Audit interne pour préparer l’assurance externe. Cette transversalité est indispensable pour couvrir les données ESRS, notamment sur la chaîne de valeur (scope 3, fournisseurs, droits humains) et garantir la fiabilité des informations publiées.
Le principal risque est de démarrer la CSRD avec des tableurs qui deviennent rapidement difficiles à maintenir : versions multiples, manque de traçabilité, données non harmonisées et absence de piste d’audit. Pour éviter cet écueil, il est recommandé de mettre en place dès le début une organisation claire (rôles, responsabilités, calendrier) et d’industrialiser la collecte via des workflows, des règles de contrôle et une consolidation centralisée, notamment lorsque plusieurs filiales ou sites sont impliqués.
Les blocages les plus courants sont : le manque de temps, l’absence de propriétaire clair des données, la difficulté à mobiliser les métiers, et la confusion entre reporting CSRD et communication RSE. Beaucoup d’entreprises sous-estiment aussi la charge liée à la double matérialité, au scope 3 et à la qualité de preuve attendue par l’audit. Anticiper ces points dès le cadrage permet d’éviter un effet “rush” en fin de projet.
La méthode la plus efficace consiste à prioriser : commencer par les indicateurs réellement structurants, éviter de demander trop d’informations dès la première année, et clarifier le “pourquoi” pour chaque direction (finance, achats, RH, opérations). Un pilotage CSRD réussi passe aussi par des formats simples : un calendrier lisible, des templates standardisés, des points de contact identifiés et un accompagnement sur la compréhension des données attendues.
Le délai dépend fortement de la taille, du nombre d’entités et du niveau de maturité ESG. En pratique, il faut souvent compter 6 à 18 mois pour préparer une première publication solide, notamment si l’entreprise doit structurer la double matérialité, fiabiliser les données scope 3 et organiser la gouvernance des indicateurs. Plus le projet commence tôt, plus l’effort est réparti dans le temps et moins la charge est subie.
La CSRD, via ESRS E1, impose aux entreprises de décrire leur stratégie climat, leurs émissions (scopes 1, 2, 3), leurs objectifs et leur plan de transition. “Embarquer la CSRD” revient donc aussi à embarquer une partie du pilotage climat : collecte des données, trajectoire de réduction, plan d’actions et suivi dans le temps. Les entreprises qui structurent ce plan de transition tôt gagnent en cohérence et en crédibilité auprès de leurs investisseurs et partenaires.
La première étape consiste à cadrer le projet : définir le périmètre, identifier les parties prenantes internes, planifier le calendrier et lancer l’analyse de double matérialité. Cela permet de prioriser les sujets ESRS réellement importants et d’éviter de collecter trop de données inutilement dès le départ.
La clé est de formaliser une gouvernance claire : rôles par entité, formats de collecte standardisés, référents locaux, contrôles qualité et calendrier commun. Les entreprises multi-sites réussissent mieux lorsqu’elles mettent en place un workflow centralisé, des responsabilités explicites et des outils de consolidation, plutôt qu’un échange de fichiers dispersés.