
Avec le reporting prévu par la directive européenne sur la publication d’informations en matière de durabilité des entreprises (CSRD, pour Corporate Sustainability Reporting Directive), les travailleurs de la chaîne de valeur occupent une place importante dans l’analyse des impacts sociaux des entreprises.
Lorsque ces enjeux sont matériels, l’ESRS S2 encadre les informations relatives aux conditions de travail, aux droits humains, à la santé, à la sécurité et aux mécanismes de dialogue et de remédiation. Les consultants ESG et CSRD de Toovalu vous présentent les principales exigences de cette norme et les évolutions prévues en 2026.
L’ESRS S2 est la norme consacrée aux travailleurs de la chaîne de valeur. Elle complète les informations générales demandées au titre de l’ESRS 2 lorsque les enjeux sociaux associés sont matériels.
Elle concerne les travailleurs situés en amont ou en aval de la chaîne de valeur, notamment chez :
L’ESRS S2 couvre les travailleurs qui peuvent être affectés par les activités, les produits ou les services de l’entreprise, y compris lorsque celle-ci n’entretient pas de relation contractuelle directe avec eux.
L’ESRS S1 concerne la propre main-d’œuvre de l’entreprise, c’est-à-dire ses salariés et certains travailleurs non salariés ou mis à disposition.
L’ESRS S2 porte sur les travailleurs de sa chaîne de valeur. Cette distinction permet d’analyser séparément les impacts sociaux liés aux activités propres de l’entreprise et ceux associés à ses relations commerciales.
Selon l’analyse de l’EFRAG, 63 % des entreprises actuellement soumises à la CSRD utilisent l’ESRS S2 en moyenne. Cette proportion varie fortement selon les secteurs : elle atteint 36 % pour les entreprises du secteur financier et 68 % pour les entreprises des secteurs non financiers.
Ces chiffres correspondent au périmètre de l’étude de l’EFRAG et ne constituent pas un taux d’application automatique à l’ensemble des entreprises soumises à la CSRD.
L’ESRS S2 reprend les principaux enjeux sociaux liés au travail.
Les informations peuvent porter sur :
L’entreprise doit également examiner :
La norme prend en compte l’accès à la formation et les dispositifs permettant aux travailleurs de développer leurs compétences.
Les enjeux concernés incluent notamment :
L’entreprise doit également analyser les risques liés :

Lorsque les enjeux liés aux travailleurs de la chaîne de valeur sont matériels, l’entreprise doit présenter ses politiques, ses processus d’implication, ses actions, ses objectifs et ses indicateurs.
En complément des exigences générales de l’ESRS 2 relatives aux politiques, l’entreprise doit préciser :
Ces politiques peuvent être intégrées à une politique de droits humains, d’achats responsables, de responsabilité sociétale ou de devoir de vigilance.
L’entreprise peut également présenter les règles, politiques ou codes applicables à ses fournisseurs et partenaires commerciaux, lorsqu’ils existent.
L’entreprise doit expliquer comment elle recueille les points de vue des travailleurs de sa chaîne de valeur.
Elle doit notamment présenter :
Dans le Set 2, les informations relatives à l’implication des travailleurs, aux canaux de communication, aux mécanismes de réclamation et à la remédiation sont regroupées afin de limiter les répétitions entre les exigences.
L’entreprise doit présenter les canaux de communication mis à disposition des travailleurs de la chaîne de valeur, notamment lorsqu’elle dispose de mécanismes de réclamation.
Elle doit notamment préciser :
Dans le Set 2, ces informations sont présentées dans une logique intégrée avec les processus d’implication des travailleurs.
L’entreprise doit présenter les actions prises, en cours ou prévues pour :
L’entreprise doit également mentionner les incidents identifiés de non-respect des droits humains en lien avec les travailleurs de sa chaîne de valeur, dans le respect de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles.
Pour les éléments chiffrés relatifs aux travailleurs de la chaîne de valeur, l’entreprise doit répondre aux exigences générales de l’ESRS 2 concernant les cibles et les indicateurs.
Selon les enjeux matériels identifiés, les indicateurs peuvent porter sur :
L’entreprise doit documenter le périmètre, les sources, les méthodes de calcul, les hypothèses et les éventuelles limites des données publiées.
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L’ESRS S2 est directement lié à l’ESRS 2, qui encadre les informations générales relatives à la gouvernance, à la stratégie, aux politiques, aux actions, aux cibles et aux indicateurs.
Il doit également être rapproché de l’ESRS S1 :
Selon les impacts identifiés, des liens peuvent également être établis avec :
L’EFRAG a publié son avis technique sur les ESRS simplifiés le 3 décembre 2025. La Commission européenne a ensuite adopté, le 3 juillet 2026, un acte délégué révisant les douze ESRS du Set 1.
La publication au Journal officiel de l’Union européenne et la traduction officielle des standards doivent intervenir à l’issue d’une période d’examen de deux mois, renouvelable une fois, durant laquelle le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen peuvent s’opposer à l’acte délégué.
Tant que le Set 2 n’est pas applicable, le Set 1 reste le référentiel de référence pour les procédures de reporting.
Le Set 2 prévoit une réduction de 60 % du nombre de points de données obligatoires de l’ESRS S2. L’ensemble des points de données volontaires est également supprimé des standards.
Cette simplification concerne notamment les informations narratives, dont une partie est supprimée en raison de sa proximité avec les exigences générales de l’ESRS 2.
Certains éléments qui ne figurent plus parmi les informations obligatoires pourront être regroupés dans un document d’orientation non contraignant de l’EFRAG.
Le Set 2 réunit les exigences relatives aux processus de consultation des travailleurs de la chaîne de valeur et celles relatives à la remédiation des impacts négatifs.
L’entreprise doit toujours expliquer :
Les informations descriptives devraient être recentrées sur les enjeux matériels et les actions les plus significatives. Cette évolution vise à réduire les doublons avec l’ESRS 2 et à faciliter la lecture des rapports de durabilité.
Le Set 2 doit s’appliquer aux rapports de durabilité publiés en 2028 au titre de l’exercice financier 2027. Une application volontaire est prévue dès les rapports publiés en 2027 au titre de l’exercice 2026.
Selon le calendrier présenté dans le livre blanc, l’obligation de publier un rapport de durabilité concernera alors principalement les entreprises et sociétés mères, à l’exception des holdings ayant une activité exclusivement financière, qui dépassent les deux seuils suivants :

Les chaînes de valeur sont souvent longues et complexes. Elles peuvent réunir plusieurs niveaux de fournisseurs, des entreprises de tailles différentes et des activités réparties dans plusieurs zones géographiques.
Une meilleure connaissance des conditions de travail dans la chaîne de valeur permet d’anticiper :
Le dialogue avec les fournisseurs et les travailleurs peut également favoriser une coopération durable et améliorer la résilience des opérations.
Pour structurer leur démarche, les entreprises peuvent commencer par :
La plateforme ESG Toovalu aide les entreprises à collecter et suivre leurs données sociales et environnementales sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.
Conclusion
Le Set 2 adopté en 2026 réduit de 60 % le nombre de points de données obligatoires de l’ESRS S2 et supprime l’ensemble des points de données volontaires. Il fusionne les exigences relatives à la consultation des travailleurs et à la remédiation des impacts négatifs, réduit les redondances avec l’ESRS 2 et allège les informations narratives.
L’entreprise doit toutefois continuer à documenter ses politiques, ses processus d’implication, ses canaux de réclamation, ses actions et ses mesures de remédiation lorsque les enjeux liés aux travailleurs de la chaîne de valeur sont matériels.
Tant que le Set 2 n’est pas applicable, le Set 1 reste le référentiel de référence.
L’ESRS S2 est la norme européenne consacrée aux travailleurs de la chaîne de valeur. Elle s’applique lorsque les enjeux sociaux associés sont matériels.
La norme peut concerner les travailleurs des fournisseurs, sous-traitants, prestataires, distributeurs et autres partenaires situés en amont ou en aval de la chaîne de valeur.
L’ESRS S2 couvre les conditions de travail, le dialogue social, la santé et la sécurité, la formation, la diversité, l’égalité de traitement et les droits humains.
L’entreprise doit présenter ses politiques, ses processus d’implication, ses canaux de signalement, ses actions, ses objectifs et ses indicateurs lorsque les enjeux sont matériels.
L’ESRS S1 concerne la propre main-d’œuvre de l’entreprise. L’ESRS S2 concerne les travailleurs de sa chaîne de valeur.
Le Set 2 prévoit une réduction de 60 % du nombre de points de données obligatoires de l’ESRS S2 et la suppression de l’ensemble des points de données volontaires. Il fusionne également les exigences relatives à la consultation des travailleurs de la chaîne de valeur et à la remédiation des impacts négatifs.
Le Set 2 réduit les redondances avec l’ESRS 2 et allège plusieurs informations narratives. Tant qu’il n’est pas applicable, le Set 1 reste le référentiel de référence.
Oui. L’entreprise doit mentionner les incidents identifiés de non-respect des droits humains en lien avec les travailleurs de sa chaîne de valeur, dans le respect de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles.