Stratégie du Groupe consultatif sur l’information financière
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Fin octobre 2025, l’EFRAG a remis à la Commission européenne un projet de révision du premier jeu de standards européens sur le reporting de durabilité (ESRS). Quel était son planning ? Quelles étaient ses priorités ? Comment le Groupe consultatif sur l’information financière s'y est-il pris ? Réponse par les consultants Toovalu, experts de la CSRD.
La commissaire européenne Maria Luís Albuquerque, en charge du portefeuille des Services financiers, a officiellement demandé à l’EFRAG de proposer une révision conséquente des douze premiers standards européens (compilés dans l’acte délégué du 31 juillet 2023). Pour alléger la charge des entreprises, l’EFRAG a souhaité « produire un ensemble de normes ESRS révisées qui soutiennent des déclarations de durabilité pertinentes et dont l’objectif général est d’être utiles à la prise de décision, tout en conduisant à une réduction substantielle de l'effort de reporting et des points de données obligatoires ».
L’EFRAG s'est fixé 5 étapes de travail et est parvenu à présenter son « avis technique » à la Commission européenne avant la fin du mois d’octobre 2025.
Pour identifier ces leviers d’actions, l’EFRAG a travaillé plus spécifiquement sur les points suivants :
Revoir la présentation et l’architecture des ESRS, notamment l’articulation entre les normes transversales (ESRS 1 et 2) et thématiques (ESRS E1 à G1) : l’EFRAG a étudié à nouveau le contenu et l’approche complémentaire des exigences de publication dites minimales de l’ESRS 2 et de celles qui sont connexes mais présentées dans les ESRS thématiques. Il en va de même des exigences générales de publication (GOV, SBM ou encore IRO) présentées à différents endroits des ESRS.
Traiter les dispositions les plus complexes : notamment en clarifiant la mise en œuvre du principe de double matérialité afin que seules les informations matérielles soient présentées, et en remédiant « au déséquilibre qui existe entre l'effort de reporting et la pertinence des informations fournies » par les entreprises, note l’EFRAG.
Évaluer les allègements suivants :
Réduire considérablement le nombre de points de données requis (en nombre notamment) ainsi qu’examiner la pertinence des obligations d'information et en premier lieu des informations narratives : l’analyse menée consiste à identifier, pour chaque obligation d'information, les points de données les moins importants, les moins utiles à la prise de décision et/ou inutiles pour atteindre les objectifs pertinents. Certains points de données sont passés du statut d’obligatoire à facultatif.
En parallèle de la première étape, l’EFRAG a rassemblé des éléments (points de vue, suggestions de révisions à opérer) auprès des parties prenantes, analyse les premiers rapports de durabilité publiés et d’autres sources sur les points suivants :
Pour mener à bien cette étape, l’EFRAG a lancé une consultation publique à destination de toutes les parties prenantes intéressées. Elle a aussi mené des interviews et des ateliers de travail avec certaines d’entre elles.
L’EFRAG a croisé les travaux des étapes 1 et 2 pour rédiger son avant-projet d’ESRS révisés.
Sur la base de ces travaux précédents, l’EFRAG a rédigé son avant-projet d’ESRS révisés entre la mi-mai et la fin du mois de juillet.
Fin juillet 2025, l’EFRAG a lancé une consultation publique officielle sur cet avant-projet. Les parties prenantes intéressées ont alors proposé des modifications concrètes.
Durant le mois d’octobre 2025, en tenant compte des différents avis émis par les parties prenantes lors de la consultation publique, l’EFRAG a revu son avant-projet. L’institution a ensuite remis à la Commission européenne son projet finalisé (son avis-technique).

La Commission européenne a examiné l’avis technique remis par l’EFRAG concernant la révision des ESRS. Sur cette base, elle prépare un nouvel acte délégué contenant les normes ESRS révisées, destiné à remplacer l’acte délégué du 31 juillet 2023.
Une fois adopté formellement par la Commission, cet acte délégué sera transmis aux co-législateurs - le Parlement européen et le Conseil de l’UE - qui disposeront d’un délai de deux mois (renouvelable une fois) pour formuler une éventuelle objection.
À défaut d’opposition dans ce délai, l’acte délégué sera publié au Journal officiel de l’Union européenne et entrera en vigueur.
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