L’EFRAG propose des ESRS révisés avec 68 % de points de données en moins

ESRS : Pourquoi une réduction si importante ? Analyse par Sophie Bridier

L'essentiel à retenir - Révision des ESRS par l'EFRAG

  • L’EFRAG propose une simplification majeure des standards européens sur l’information de durabilité (ESRS) : réduction de plus de deux tiers des points de données, suppression des données volontaires, réorganisation des exigences et clarification de la double matérialité pour rendre les rapports CSRD plus concis et lisibles.
  • Interopérabilité et harmonisation internationale renforcées : alignement avec les standards ISSB (IFRS S1/S2), suppression des doublons entre exigences générales et thématiques, et orientation vers une analyse stratégique des sujets matériels pour réduire la charge administrative des entreprises.

Le groupe consultatif européen sur l’information financière (EFRAG) a fait validé de nouveaux standards européens sur l’information de durabilité (ESRS). Il a proposé de réduire drastiquement le nombre de points de données à présenter dans le rapport de durabilité des entreprises qui y seront soumises. Mise à jour par les experts CSRD Toovalu. 

Retour sur la première version des ESRS révisés

La première proposition de refonte

Le 31 juillet 2025, l’EFRAG a présenté une première mouture de sa refonte des douze standards de l’UE sur l’information de durabilité (ESRS).

Plusieurs documents ont été publiés par le Groupe consultatif, dont :

Donner son avis sur les ESRS révisés via un questionnaire

Les personnes intéressées ont pu adresser leur avis à l’EFRAG en répondant à un questionnaire en ligne.

AÀce stade, l’EFRAG proposait de diviser par deux la longueur des standards européens sur l’information de durabilité ainsi que de supprimer plus des deux tiers des points de données présentés en leur sein (57 % des points de données obligatoires, 100 % des points de données volontaires). Un nouveau document Excel, reprenant l’ensemble des points de données conservés, a été élaboré par l’EFRAG à la suite de l’adoption des nouveaux standards par la Commission européenne via un acte délégué. Pour réaliser ces différents objectifs, plusieurs leviers de simplification sont utilisés par le Groupe consultatif.

Simplification des ESRS et du rapport CSRD

Rendre les ESRS plus accessibles

Afin d’assurer une meilleure compréhension des standards ESRS, l’EFRAG a souhaité :

  1. Revoir leur structure : les paragraphes dédiés aux exigences d’application (ou « AR » en anglais) sont présentés à la suite de ceux sur les exigences de publication (ou « DR » en anglais) qu’ils illustrent ;
  2. Éiminer les points de données volontaires : ils sont supprimés des ESRS et repris au sein du document intitulé NMIG. L’EFRAG invite la Commission européenne à ne pas reprendre ce document au sein de son acte délégué afin de ne pas lui conférer valeur obligatoire ;
  3. Revoir certains termes : le concept d’« enjeux matériels », par exemple, laisse place à celui de « sujets matériels ».
  4. Réduire la liste des sujets matériels potentiels : une liste décline uniquement les sujets et sous-sujets de durabilité liés aux ESRS thématiques. Les sous-sous-sujets ne sont plus précisés au sein de l’ESRS 2.
  5. Modifier l’ordre des exigences de publication : pour plus de cohérence, celles liées aux politiques de l’entreprise, puis aux objectifs fixés et enfin aux actions mis en place sont déclinées selon cette logique (dans la précédente version des ESRS, les exigences de publication relatives aux actions étaient présentées avant celles sur les objectifs).

Des rapports CSRD plus concis

Pour l’EFRAG, les rapports CSRD présentés à ce jour sont parfois trop granulaires et rentrent dans un niveau de détail excessif ce qui peut nuire à leur compréhension. Le Groupe consultatif propose alors plusieurs options aux sociétés :

  1. Rédiger un « executive summary » au début du rapport de durabilité ;
  2. Présenter l’information granulaire, les déclarations liées à la taxonomie et l’information sur les sujets non matériels au sein de sections ou appendices dédiés ;
  3. Déclarer une seule fois, au sein de son rapport, des informations relatives à une politique, à une action ou à un objectif mis en place par la société.
  4. Demander des données directement aux opérateurs de la chaîne de valeur de l’entreprise ou procéder par estimations.
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Mise à jour de l'analyse de double matérialité

Selon l’EFRAG, l’analyse de double matérialité a représenté une charge administrative pour les entreprises actuellement soumises au rapport de durabilité (vague 1). Suivant une logique de conformité aux ESRS, des efforts disproportionnés ont été déployés au sein des sociétés pour mener à bien l’exercice. Afin d’encourager à la réalisation d’une analyse stratégique de double matérialité, plusieurs aménagements méthodologiques sont proposés par l’EFRAG. Voici plusieurs exemples :

Mener une analyse de double matérialité stratégique

  1. Dans une nouvelle section intitulée « considérations pratiques », le Groupe consultatif précise que l’analyse doit débuter par celle du business modèle de l’entreprise afin d’identifier les sujets de durabilité les plus évidents (approche « top-down »).
  2. Le principe de matérialité de l’information de durabilité, qui permet de réduire le nombre de points de données à présenter dans son rapport, peut désormais être appliqué à tous, dont l’ensemble de ceux découlant de l’ESRS 2.

Limiter l’information déclarée au sein du rapport CSRD

  1. Lorsqu’un sous-sujet de durabilité est matériel, l’entreprise doit limiter l’information présentée à celui-ci, sans avoir à déclarer l’ensemble des points de données relevant du standard thématique dont ce sous-sujet dépend. L’EFRAG fournit un appendice aux sociétés décrivant le lien entre un sous-sujet de durabilité et les informations à présenter dans son rapport, au sein du document dit NMIG.
  2. Lorsqu’un sujet est matériel, et doit donner lieu à la présentation d’informations de durabilité dans le rapport, il l’est uniquement parce qu’il est lié à un impact, un risque ou une opportunité pour la société. Un sujet n’est donc pas matériel per se.

Éviter les doublons entre les « exigences de publication minimales » et celles présentées au sein des standards ESRS thématiques

Du point de vue de l’EFRAG, les entreprises se seraient emmêlé les pinceaux entre les informations à présenter du fait des exigences de publication minimales (ou « MDR » en anglais) et de celles liées aux différents standards thématiques. Pour éviter cela à l’avenir, il est proposé que :

  1. Les « exigences de publication minimales » deviennent des « exigences de publication générales » (ou « GDR » en anglais). Elles restent présentées au sein de l’ESRS 2 ;
  2. Les exigences de publication liées aux politiques, aux actions et aux objectifs ont été drastiquement réduites au sein des ESRS thématiques ;
  3. Ces exigences ne sont à présenter que si l’entreprise bénéficie de politiques, d’actions et d’objectifs. Il n’est plus nécessaire de déclarer les plans prévus et l’horizon temporel à partir duquel la société mettra en place de tels politiques, actions et objectifs.
dossiers multicolores empilés
Les ESRS, allégés par l'EFRAG

Renforcer l’interopérabilité avec les standards internationaux

Plusieurs évolutions ont été proposées par l’EFRAG afin d’assurer une interopérabilité accrue entre les ESRS et les standards de l’ISSB (IFRS S1 et IFRS S2) :

  1. Le principe sur lequel se fondent les standards de l’ISSB, selon lequel le rapport de durabilité d’une société constitue une présentation fidèle des informations en la matière, est repris au sein des ESRS.
  2. Une référence permanente est faite aux lignes directrices sectorielles IFRS (« IFRS industry based guidance ») que les sociétés sont invitées à consulter lorsqu’elles déclarent des informations spécifiques à leur activité.
  3. L’EFRAG note que dans 97 % des cas, les points de données retenus à ce jour correspondent à ceux issus d’autres standards (ISSB IFRS S1, S2, SASB, GRI, TNFD, CDP, etc.).

Pour davantage de détails, douze annexes présentent les modifications sur chacun des ESRS au sein du document intitulé « basis for conclusions ».

L’exécutif européen a dors et déjà adopté les standards ESRS révisés via un acte délégué.

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