Analyse d’écart (gap analysis) : définition, étapes et conseils de mise en œuvre

Analyse d’écart CSRD : guide pratique pour évaluer votre maturité ESG

Analyse d’écart (gap analysis) : définition, étapes et conseils de mise en œuvre

L’essentiel à retenir – Analyse d’écart pour le reporting CSRD

  • Outil stratégique ESG : L’analyse d’écart (gap analysis) permet de comparer la situation actuelle de l’entreprise avec les exigences ESRS/CSRD, identifiant les manquements, risques et opportunités sur les volets environnement, social et gouvernance.
  • Pré-requis indispensables : Disposer d’une collecte de données fiable et d’une matrice de double matérialité pour que l’analyse soit exploitable et pertinente.
  • Méthodologie en 5 étapes : 1) définir les objectifs et parties prenantes, 2) évaluer la situation actuelle, 3) identifier les écarts et leurs sources, 4) établir une feuille de route priorisée, 5) suivre et ajuster le plan dans une dynamique d’amélioration continue.
  • Bonne pratique pour l’entreprise : Impliquer les collaborateurs, formaliser une gouvernance régulière et utiliser des outils adaptés (tableaux, dashboards, logiciels spécialisés comme Toovalu) pour garantir un reporting standardisé, transparent et opérationnel sur le long terme.

L’analyse d’écart, aussi appelée gap analysis ou analyse des besoins, doit faire partie intégrante de votre stratégie RSE. C’est un prérequis indispensable pour répondre aux exigences de reporting ESG notamment dans le cadre de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). 

Pour rappel, cette directive, entrée en vigueur en janvier 2024, vient remplacer et étendre le périmètre de la NFRD (Non-Financial Reporting Directive). Les grandes ETI et grands groupes sont tenus de produire un rapport exhaustif sur leur impact environnemental et social et proposer un plan d’action pour les années à venir. 

Dans ce contexte, l’analyse d’écart est un outil puissant qui permet de faire le point sur la maturité de votre entreprise sur les grands volets couverts par les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) : environnement, société et gouvernance. Les consultants ESG Toovalu vous expliquent comment procéder.  

Ce qu’il faut savoir sur l’analyse d’écart 

Les prérequis pour réaliser votre analyse d’écart 

L’analyse d’écart n’est pas seulement utilisée dans le cadre du reporting environnemental. C’est une méthode bien connue qui permet d’identifier le chemin le plus simple pour aller d’un point A (situation actuelle) à un point B (objectifs). Elle peut être mobilisée dans n’importe quel grand projet de transformation pour prioriser les actions et construire une feuille de route cohérente. 

Dans le cadre de la CSRD, l’analyse d’écart ne peut être faite que si vous avez déjà mis en place une bonne stratégie de collecte de données et que vous travaillez déjà sur votre matrice de double matérialité. Vous devez avoir une idée claire de l’impact, des opportunités et des risques (IRO) que votre entreprise représente sur l’environnement, et inversement. 

Assurez-vous que ces prérequis sont respectés pour travailler avec des données exploitables, bien collectées et pilotées par un profil compétent. 

Analyse d’écart : une étape clé dans la construction de votre rapport CSRD 

L’analyse d’écart est particulièrement recommandée pour construire un rapport CSRD exhaustif. Grâce à cet outil, vous visualisez en un clin d'œil l’écart entre la situation actuelle de votre entreprise sur les volets ESG et les exigences des ESRS. 

Concrètement, l’analyse permet d’évaluer votre maturité sur différents points, par exemple : 

  • les compétences de vos collaborateurs, 
  • les processus de production, 
  • votre performance, 
  • la stratégie métier,
  • les systèmes d’information, 
  • la conformité réglementaire. 

Après avoir déployé une bonne stratégie de collecte des données, l’analyse d’écart vous permet de les visualiser et de les exploiter.  

L’analyse des écarts est indispensable pour comparer votre référentiel structuré autour de vos axes stratégiques et le référentiel CSRD structuré avec les nouveaux indicateurs.” Mélodie, chargée de projet chez Toovalu. 

L’analyse des besoins permet certes de se conformer aux obligations en matière de reporting mais constitue aussi un vrai point de départ pour votre stratégie ESG. Elle répond à plusieurs objectifs : 

  • Identifier rapidement les manquements de l’entreprise et ses points faibles. 
  • Avoir une vue d’ensemble sur les différents chantiers ESG à mener.
  • Avoir un aperçu des ressources disponibles pour vous mettre en action : ressources financières, humaines, matérielles…
  • Prioriser les actions et dresser une feuille de route sur plusieurs années. 

Cette méthode s’inscrit donc dans une dynamique d'amélioration continue. Le but n’est pas de déployer des projets à court terme mais de continuer à prendre appui sur votre dashboard pour suivre vos indicateurs de performance ESG. 

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Téléchargez notre échéancier CSRD pour savoir quelles sont les exigences de reporting pour votre entreprise.

L’analyse d’écart est-elle obligatoire en 2026 ? 

Les ESRS ont défini un cadre clair pour permettre aux entreprises de communiquer efficacement sur leurs engagements et projets environnementaux. L’analyse d’écart est un outil indispensable pour vous conformer à ces exigences. Elle n’est donc pas formellement obligatoire, mais plus que conseillée.

Le but est de vous aider à structurer votre travail mais aussi d’obtenir des rapports standardisés pour faciliter la comparaison et l’évaluation finale. Les auditeurs s’attendent à une analyse menée dans les règles, basée sur des indicateurs concrets. 

Au-delà du rapport CSRD, vous verrez que cette méthode présente de nombreux avantages sur le temps long : 

  • identifier rapidement et prévenir les risques,  
  • orienter vos décisions stratégiques en identifiant les meilleures opportunités, 
  • convaincre des investisseurs ou partenaires. 

Depuis quelques années, l’analyse d’écart est un attendu des parties prenantes internes et externes de l’entreprise. Elle permet de visualiser clairement les efforts de l’entreprise sur les volets ESG. Nous vous recommandons donc de ne pas faire l’impasse dessus. 

Analyse d’écart : 5 étapes clés de mise en œuvre 

Etape 1 : Définir les objectifs et identifier les parties prenantes

Dans un premier temps, définissez clairement votre périmètre d’action et vos objectifs. Ils répondent bien sûr aux recommandations appliquées dans votre secteur et aux normes ESRS

Si vous vous fixez des objectifs à long terme, assurez-vous qu’ils soient réalisables et mesurables. Par exemple, si vous souhaitez réduire vos émissions carbone de 60% d’ici 2050, prévoyez un plan en plusieurs étapes avec des jalons intermédiaires et des indicateurs clés de performance. Cela permettra d’apprécier votre progression avec plus de justesse.  

  

Étape 2 : Évaluer la situation actuelle de l’entreprise

Maintenant que votre périmètre est clair, vous pouvez dresser le tableau de votre performance ESG actuelle. Pour cela, plusieurs méthodes s’offrent à vous : réaliser un audit en interne, analyser les données collectées, examiner les routines de reporting…

Cette étape vous permet de bien comprendre votre état actuel en termes de communication, d’émission, de sensibilisation et d’investissements. Si ce n’est pas déjà fait, à ce stade, réalisez un bilan carbone, car c’est le socle de toute bonne stratégie RSE. 

Deux mots d’ordre pour construire les bases de votre analyse d’écart : exhaustivité et transparence. 

Etape 3 : Identifier les écarts et les sources des écarts 

Vous pouvez ensuite mettre en regard votre état des lieux avec vos objectifs. Ici, vous commencez à mesurer l’effort à déployer. Certains projets apparaîtront rapidement comme des “gros chantiers” là où d’autres seront plus accessibles. 

Dans cette étape, vous identifiez aussi vos lacunes opérationnelles. Par exemple, vous rencontrez des difficultés à collecter tel type de données, la communication avec tel fournisseur manque d’efficacité, telle solution de production est devenue obsolète… 

Etape 4 : Mettre en place une feuille de route pour combler les écarts 

Maintenant que vous avez une vision exhaustive de tous les chantiers, vous pouvez les prioriser pour dresser un plan d’action. Votre méthode de hiérarchisation dépend de plusieurs facteurs : les écarts constatés, vos ressources, le délai dont vous disposez et les attendus de votre secteur. 

Ce dernier point est important. Bien sûr, certaines normes s’appliquent à toutes les entreprises, mais les priorités ne sont pas les mêmes pour une entreprise textile, une agence de communication ou un hôpital. 

Etape 5 : Suivre votre plan d’action et s’inscrire dans une dynamique d'amélioration continue 

Dans cette dernière étape de votre analyse des besoins, vous pouvez déployer votre plan. Les auditeurs souhaitent comprendre quelles sont les actions concrètes que vous mettez en place : recrutement de nouveaux profils, investissements, négociation avec de nouveaux fournisseurs, ateliers de sensibilisation…Toutes ces initiatives comptent et doivent être mesurées. Cela représente un vrai investissement sur le temps long : 

Il y a un vrai bénéfice à investir dans la construction de son rapport CSRD. Actuellement, on travaille sur l’évaluation des retours sur investissements, au niveau du risque évité ou de l’apport dans les appels d’offres, dans les référencements… On prend chaque ligne du rapport et on met en face les bénéfices pour l’entreprise.” Camille Sztejnhorn, Directrice Europe de l’Impact ESG, Groupe Lefebvre, webinaire “CSRD, optimiser votre préparation du rapport de durabilité”, 2025

Conseils d’experts pour réussir votre analyse d’écart 

Impliquer les parties prenantes dès le début 

Pour réaliser votre analyse d’écart, vous devez mobiliser vos collaboratrices et collaborateurs. Expliquez-leur concrètement quels sont les enjeux de ce projet, quels en seront les retentissements pour eux et pour l’entreprise, au-delà du rapport CSRD. 

Si besoin, n’hésitez pas à les former et à les sensibiliser à la collecte de données : c’est le point de départ d’une bonne analyse.

Ne donnez pas l’impression d’une tâche rébarbative et sans valeur ajoutée. Faites de vos employés, de vrais ambassadeurs du changement. 

Dès le début, vous pouvez même identifier des champions : des profils bien ancrés dans la culture d’entreprise, avec un leadership naturel et qui portent le projet auprès de vos autres collaborateurs. C’est une stratégie très efficace de conduite du changement qui peut être déployée ici pour mobiliser vos équipes. 

Formaliser une routine de gouvernance 

Une fois que vous avez bien identifié et formé les différentes parties prenantes, impliquez-les le plus vite possible dans la mission et mettez en place une vraie routine. 

Vos collaborateurs doivent avoir une vision claire de ce que vous mettez en place, de l’avancement du projet, des premières conclusions tirées de l’analyse d’écart.

Pour cela, formalisez une routine de gouvernance et instaurez des points réguliers. Si besoin, produisez un compte-rendu très visuel de vos progrès, à partager à vos équipes. L’analyse d’écart - et plus généralement le rapport CSRD - ne doit pas devenir des projets secondaires mais de vrais piliers de croissance. 

Identifier les bons outils pour votre analyse d’écart

L’analyse des besoins peut être formalisée sous différents formats : tableau, matrice, classement par thématique et par niveau d’analyse…optez pour une solution facile à prendre en main et à piloter sur le temps long.

mockup écran logiciel analyse d'écart toovalu

Vous pouvez d’ailleurs faire appel à des profils experts pour mettre en place un dashboard sur-mesure qui reprend vos indicateurs et vos priorités. Le logiciel CSRD Toovalu est idéal pour produire un rapport conforme et visualiser son analyse d'écart et piloter sa stratégie ESG

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Questions Fréquentes sur l'Analyse d'écart

Qu’est-ce qu’une analyse d’écart (gap analysis) ?

C’est une méthode qui compare l’état actuel de votre entreprise aux exigences ESRS afin d’identifier les actions nécessaires pour être conforme à la CSRD.

À quoi sert une analyse d’écart dans un contexte ESG ou CSRD ?

Dans un contexte ESG, une analyse d’écart aide à mesurer la distance entre les pratiques existantes de l’entreprise et les exigences réglementaires (CSRD, ESRS) ou les objectifs de durabilité. Elle permet de structurer un plan d’action réaliste et de prioriser les efforts.

Quelle différence entre une analyse d’écart et une analyse de double matérialité ?

La double matérialité sert à identifier les enjeux ESG prioritaires d’une entreprise, tandis que l’analyse d’écart évalue le niveau de préparation ou de conformité par rapport à un cadre cible. La première définit quoi traiter, la seconde identifie ce qui manque pour y parvenir.

Quand réaliser une analyse d’écart ?

L’analyse d’écart intervient généralement en amont d’un projet de reporting ESG, d’une mise en conformité CSRD ou d’une démarche de transformation durable. Elle peut aussi être utilisée pour suivre les progrès d’une organisation dans le temps.

Qui doit participer à une analyse d’écart ?

Une analyse d’écart efficace implique plusieurs fonctions : RSE, finance, conformité, achats, RH et systèmes d’information. Cette approche transverse permet d’identifier les écarts organisationnels, méthodologiques et data qui peuvent freiner la mise en œuvre.

Comment se déroule une analyse d’écart ?

Elle se déroule en cinq étapes : définir les objectifs, évaluer la situation actuelle, identifier les écarts, créer une feuille de route et suivre les actions.