Les eurodéputés relèvent fortement les seuils et ouvrent la voie aux trilogues.

Le 13 novembre 2025, une coalition au Parlement européen a emporté l’adoption d’une position officielle sur la révision des directives CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive), dans le cadre du vote du paquet de simplification dit « Omnibus ». Décryptage par les consultants CSRD Toovalu.
La coalition parlementaire défend l’idée d’un relèvement significatif des seuils d’application des obligations, limitant ainsi fortement le nombre d’entreprises concernées.
Seules les entreprises de plus de 1750 salariés et réalisant un chiffre d’affaires net annuel supérieur à 450 millions d’euros (sociétés et entités mères (sauf les holdings dans certains cas)) sont soumises à l’exigence de présenter un état de durabilité certifié par des auditeurs indépendants. L’application sera effective à partir de 2028, sur les données de l’exercice 2027. Ces seuils deviennent également ceux de la déclaration Taxonomie verte intégrée au rapport de durabilité.
Le principe dit de « value chain cap » limite le nombre d’informations qu’une société soumise au reporting de durabilité peut recueillir auprès d’entreprises non soumises. Les premières ne peuvent pas demander plus d’informations que celles identifiées par le futur standard mis en place sur le reporting réalisé à titre volontaire, sauf si ces informations sont communément partagées au sein d’un secteur d’activité. La coalition parlementaire a défendu par ailleurs la mise en place d’ « un portail numérique destiné aux entreprises, offrant un accès gratuit à des modèles, orientations et informations sur l’ensemble des obligations d’information de l’UE », note le communiqué de presse.
Concernant la CS3D, la diligence raisonnable s’applique uniquement aux entreprises de plus de 5000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires net annuel de plus de 1,5 milliard d’euros à compter de juillet 2028.
« Les députés européens souhaitent que ces entreprises adoptent une approche fondée sur les risques pour surveiller et identifier leur impact négatif sur les personnes et la planète », indique le communiqué de presse.
L’obligation d’émettre un plan de transition compatible avec l’Accord de Paris est supprimée, un recul qui suscite des interrogations sur le pilotage efficace de la transformation vers une économie durable sans feuille de route méthodique.

Les colégislateurs ont trouvé un compromis final.
Les points clés des négociations en trilogue ont porté notamment sur :
Une fois les négociations en trilogue achevées, le texte de compromis a été officiellement adopté au sein du Parlement européen et du Conseil de l’UE avant d'être publié au Journal officiel de l’UE. Les États membres ont alors un an pour transposer les nouvelles dispositions au sein de leurs droits nationaux.
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