L'essentiel sur les articles 6, 9, PAI, CSRD et la Taxonomie Verte

Depuis 2021, la SFDR encadre la publication d’informations de durabilité dans le secteur financier européen. Les experts de la plateforme ESG Toovalu vous expliquent les enjeux de ce règlement européen qui modifie en profondeur la relation entre sociétés de gestion, assureurs, distributeurs de produits financiers et investisseurs.
La SFDR, pour Sustainable Finance Disclosure Regulation, correspond au règlement (UE) 2019/2088. Elle impose aux acteurs financiers la publication d’informations standardisées sur la durabilité de leurs activités et de leurs produits.
Trois lignes directrices structurent ce texte.
La SFDR ne crée donc pas une finance « verte » par décret. Elle installe un langage commun et des règles de preuve pour encadrer la manière dont la durabilité est présentée dans l’offre d’investissement.
La SFDR aide à transformer le reporting extra-financier déclaratif en un cadre normé, contrôlable, fondé sur des indicateurs harmonisés à l’échelle de l’Union.
L'ambition de la SFDR ne porte pas sur la performance environnementale elle-même, mais sur la manière dont celle-ci est présentée, mesurée et comparée dans les décisions d’investissement.
Là où la taxonomie verte classe les activités économiques et où la CSRD structure le reporting des entreprises, la SFDR est censé permettre la transparence des produits financiers.
Le règlement cible l’ensemble des “financial market participants” et des conseillers financiers opérant dans l’Union européenne. Cela recouvre notamment :

La réglementation s’applique à deux niveaux distincts.
Ce double périmètre renforce fortement les exigences de gouvernance interne.
Chaque acteur soumis à la SFDR doit publier sur son site internet des éléments structurés sur son organisation ESG.
Trois axes dominent :
Au niveau des produits, la SFDR encadre strictement les supports d’information fournis aux investisseurs. Les documents précontractuels, les sites internet et les reportings périodiques doivent décrire :
Les reportings périodiques font désormais apparaître des données chiffrées, des comparaisons dans le temps et des éléments de justification méthodologique. Le niveau d’exigence dépasse largement celui des anciennes communications ISR.
La SFDR a introduit une typologie devenue centrale dans la lecture des fonds.
Les produits Article 6 regroupent les fonds sans engagement spécifique de durabilité. Ils peuvent intégrer des risques ESG dans leur analyse, mais sans caractéristique environnementale ou sociale revendiquée.
Les produits Article 8, souvent qualifiés de “light green”, mettent en avant des caractéristiques environnementales et/ou sociales. Ils doivent en décrire précisément la nature, les critères retenus et les indicateurs de suivi.
Les produits Article 9, parfois qualifiés de “dark green”, poursuivent un objectif d’investissement durable explicite. Ils doivent démontrer le caractère durable des investissements sous-jacents et l’absence de préjudice important envers d’autres objectifs environnementaux ou sociaux, selon le principe du “Do No Significant Harm”.
Cette segmentation transforme la lecture du marché. Elle exige une cohérence forte entre marketing, allocation d’actifs, méthodes de sélection et reporting.

La SFDR ne fonctionne pas isolément. Elle s’imbrique dans l’architecture plus large de la finance durable européenne.
L’ensemble forme un dispositif cohérent reliant entreprise, finance et gouvernance.
La mise en œuvre de la SFDR transforme profondément l’organisation des acteurs concernés. Elle impose :
Les équipes doivent dialoguer plus étroitement avec les émetteurs afin d’obtenir des informations fiables sur les émissions, les controverses, les politiques sociales, l’alignement taxonomique. Les contrôles internes se renforcent, tout comme la traçabilité des décisions d’allocation.
La SFDR agit ainsi comme un accélérateur de maturité des pratiques ESG dans la sphère financière.
Pour les investisseurs, la SFDR transforme l’accès à l’information. Elle facilite la comparaison entre produits selon des critères homogènes. Elle rend visibles les écarts entre discours marketing et réalité méthodologique. Elle éclaire davantage les risques de durabilité associés aux placements.
Cette transparence sert autant les institutionnels, dans leurs politiques d’allocation à long terme, que les investisseurs particuliers sensibles aux trajectoires climatiques, sociales ou de gouvernance.
Depuis son entrée en application, la SFDR fait l’objet d’ajustements réguliers, notamment via les normes techniques réglementaires (RTS). Les débats autour du positionnement exact des fonds Article 8 et 9, du périmètre des PAI ou de l’alignement taxonomique montrent que le cadre reste en consolidation.
Les acteurs financiers doivent donc composer avec un dispositif dynamique, fondé sur des exigences de plus en plus précises en matière de données, de cohérence et de traçabilité.

La mise en œuvre de la SFDR repose sur la capacité des acteurs financiers à mobiliser des données ESG fiables, traçables et cohérentes dans le temps. Or ces données proviennent très largement des entreprises financées, via la CSRD, la taxonomie et les indicateurs environnementaux et sociaux sous-jacents.
Les solutions ESG Toovalu pour les acteurs financiers facilitent cette articulation entre données des émetteurs, exigences de transparence de la SFDR et attentes des investisseurs. Le logiciel permet de centraliser les indicateurs ESG, de suivre les alignements des portefeuilles avec la stratégie des fonds, d’organiser la traçabilité des méthodes et de fiabiliser les flux de données nécessaires aux reportings Article 8 et 9. Cette structuration renforce la lisibilité des portefeuilles et sécurise la production des informations attendues par les autorités de supervision.
La SFDR établit le socle de la transparence de la finance durable en Europe. Elle n’oriente pas directement les décisions d’investissement, mais elle en encadre la lisibilité, la comparabilité et la sincérité. Elle redéfinit ainsi les rapports entre émetteurs, investisseurs, distributeurs et autorités de supervision.
Dans un environnement où les flux de capitaux jouent un rôle central dans la transition environnementale et sociale, ce cadre de publication constitue désormais un pilier de la crédibilité des marchés financiers.
La SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est un règlement européen obligeant les acteurs financiers à publier des informations transparentes sur l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs décisions d’investissement. Elle s’applique aux gestionnaires d’actifs, aux fonds d’investissement, aux conseillers financiers, aux assureurs vie et aux institutions de retraite opérant dans l’UE.
Non, la SFDR ne concerne pas uniquement les fonds verts : elle s’applique à l’ensemble des produits financiers commercialisés dans l’Union européenne, qu’ils intègrent ou non une démarche ESG. L’objectif du règlement est d’assurer une transparence homogène pour tous les produits :
La SFDR vise ainsi à lutter contre le greenwashing et à permettre aux investisseurs de comparer clairement le niveau d’intégration ESG entre produits.
Un fonds Article 8 promeut des caractéristiques environnementales ou sociales (par exemple une réduction d’empreinte carbone ou une politique d’impact), tandis qu’un fonds Article 9 a un objectif durable explicite (par exemple une réduction d’émissions alignée Paris Agreement ou un impact social mesurable).
En pratique, Article 9 impose des indicateurs de résultat et des preuves d’impact, alors qu’Article 8 se concentre sur des processus et des politiques durables.
Non, un fonds Article 8 ne correspond pas automatiquement à un « fonds durable ». L’Article 8 concerne les produits financiers qui promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales, sans nécessairement avoir un objectif d’impact durable mesurable. À l’inverse, les fonds Article 9 doivent poursuivre un objectif d’investissement durable explicite, assorti d’indicateurs de résultats et de preuves d’impact. En pratique, Article 8 = promotion de caractéristiques ESG, Article 9 = objectif durable et impact démontrable.
Les PAI sont des indicateurs mesurant les impacts négatifs significatifs que des décisions d’investissement peuvent avoir sur l’environnement et la société (par exemple émissions de GES, utilisation d’eau, violations des droits humains).
Les acteurs soumis doivent déclarer ces PAI au niveau du produit ou du portefeuille, avec une méthodologie explicite de collecte et de calcul.
La taxonomie classe les activités durables, la SFDR impose aux acteurs financiers de publier le niveau d’alignement de leurs portefeuilles avec cette classification.
En pratique :
Les acteurs financiers doivent publier dans leurs prospectus et documents pré-contractuels :
Ces informations doivent être accessibles, vérifiables et actualisées régulièrement.
La SFDR est entrée en vigueur en mars 2021, avec des dates successives selon les indicateurs :
La timeline peut évoluer avec les RTS (Regulatory Technical Standards), mais l’essentiel est de prévoir une mise à jour annuelle structurée.
L’alignement SFDR d’un portefeuille se mesure en intégrant des métriques ESG harmonisées (PAI) et des indicateurs de durabilité (ex. : pourcentage d’actifs promus Article 8/9, alignement Taxonomie) au niveau du produit ou du portefeuille.
Il implique une collecte de données robuste, une méthodologie uniforme (souvent basée sur des standards internationaux) et des reportings réguliers pour chaque classe d’actifs.
La SFDR concerne-t-elle les entreprises non financières ?
Non, la SFDR s’applique avant tout aux acteurs financiers (sociétés de gestion, fonds d’investissement, banques, assureurs, conseillers financiers). Les entreprises non financières ne sont pas directement soumises à la SFDR, mais elles sont souvent indirectement impactées : leurs investisseurs et établissements financiers peuvent leur demander des données ESG, climat et PAI afin d’alimenter le reporting SFDR des portefeuilles. La SFDR est donc étroitement liée aux autres cadres de reporting, notamment la CSRD et les ESRS, qui structurent la donnée fournie par les entreprises aux acteurs financiers.