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ESRS E5 : Définition ressources & évolutions + nouveautés CSRD 2026

Découvrez les objectifs, exigences et nouveautés de l'ESRS E5.

ESRS E5 : Définition ressources & évolutions + nouveautés CSRD 2026

L’essentiel à retenir – ESRS E5

  • ESRS E5 couvre l’utilisation des ressources et l’économie circulaire, en complément de l’ESRS 2, pour les entreprises lorsque ces informations sont matérielles. Il traite des ressources entrantes, des produits/services sortants et de la gestion des déchets.
  • Les entreprises doivent publier des KPIs clés : matériaux utilisés (poids, criticité, seconde main), durabilité et réparabilité des produits, recyclabilité, flux et volumes de déchets générés, y compris déchets dangereux et radioactifs.
  • E5 est lié aux autres ESRS environnementaux (E1 climat, E2 pollution, E3 eau, E4 biodiversité) et au standard social S3, pour mesurer les impacts sur les communautés et la chaîne de valeur.
  • La révision 2025/2026 simplifie le reporting : suppression d’environ 60% des points de données, focalisation sur les matériaux clés, flexibilité pour présenter la durabilité et la réparabilité des produits, et suppression des informations financières redondantes.

Pendant longtemps, la performance d’une entreprise s’est mesurée à sa capacité à produire plus, plus vite, avec des ressources abondantes. Ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Le standard ESRS E5 marque précisément ce changement de paradigme : il invite les entreprises à interroger leur dépendance aux ressources, la conception de leurs produits et la gestion de leurs déchets. En structurant le reporting sur l’économie circulaire, ESRS E5 ne se limite pas à un exercice déclaratif : il met en lumière la manière dont les organisations anticipent la raréfaction des matières premières et transforment leurs modèles pour les rendre plus sobres, plus résilients et plus durables. Un enjeu devenu central, décrypté par les consultants du logiciel climat Toovalu.

Qu’est-ce que ESRS E5 ?

Ce standard sur l’utilisation des ressources et l’économie circulaire a pour objectif de compléter les informations présentées au titre de l’ESRS 2 -  concernant les politiques, actions, cibles et indicateurs mis en place au sein de l’entreprise - lorsque les informations qu’il décrit sont matérielles.

Selon une analyse de l’EFRAG publiée fin 2025, ce standard couvre un ou plusieurs sujets considérés comme matériels par 65% des entreprises en moyenne avec une nette différence entre les entreprises du secteur financier (31%) et des secteurs non-financiers (63%). La problématique de la circularité est particulièrement critique pour les secteurs de la construction (88%), de l’industrie (85%) et de la distribution (80%).

Exigences clés

Les sous-sujets couverts par le standard sont :

  • les ressources entrantes ;
  • les ressources sortantes, c’est-à-dire les produits et services ;
  • la gestion des déchets.

A noter que suite à l'omnibus CSRD, les ressources marines ont été retirées du standard E3 "Set 3"- sur l’utilisation de l’eau - pour être incluses au sein du standard E5 car c’est avant tout la problématique de leur utilisation et de leur circularité qui est apparue comme centrale.

KPIs obligatoires

KPIs de gouvernance et de pilotage

L'ESRS E5 intègre des principes de circularité et d’éco-conception dans les produits et/ou services clés (au travers des politiques, via ESRS 2 – GDR-P).

KPIs liés aux ressources entrantes

Si le sujet est jugé matériel, les entreprise doivent fournir une liste des matériaux clés utilisés, avec pour chacun :

  • le poids,
  • l’indication s’il s’agit d’une matière première critique et/ou stratégique,
  • l’indication s’il s’agit d’un matériau de seconde main,
  • Le critère permettant d’identifier les matériaux clés,
    (volume, poids, coût, caractère stratégique ou criticité d’approvisionnement)

KPIs liés aux ressources sortantes (produits et services)

Pour les produits clés vendus le standard E5 demande des informations qualitatives ou quantitatives sur :

  • leur durabilité,
  • leur réparabilité,
  • taux de recyclabilité prévu des produits et de leurs emballages.

KPIs liés à la gestion des déchets

Les entreprises doivent expliciter leur stratégie de gestion des déchets :

  • Description des flux de déchets
  • Poids total des déchets générés
  • Répartition des déchets :
    • dangereux / non dangereux,
    • récupérés par procédé (recyclage, réemploi, autre),
    • éliminés par procédé (décharge, incinération, autre)
  • Proportion de déchets à destination finale inconnue
    (en pourcentage du total)
  • Volume de déchets radioactifs générés (le cas échéant)

KPIs financiers

Aucun KPI financier spécifique requis par l’ESRS E5 car les effets financiers des actions relèvent désormais exclusivement de l’ESRS 2.

mains tenant une boule de verre
Éonomie circulatire et éco-coneption : au cœur de l'ESRS E5.

Liens avec les autres ESRS (cross-cutting)

Comme tous les ESRS thématiques, celui-ci est directement lié aux exigences générales de l’ESRS 2

Par ailleurs, il est lié à tous les autres standards environnementaux et au standard social S3 sur les communautés affectées :

  • Les actions mises en place et abordées au sein de l’ESRS E5 pour réduire l’extraction de matières premières, améliorer la gestion des déchets et globalement la circularité des ressources, peuvent avoir des retombées principalement positives en matière d’empreinte carbone (E1), de pollutions (E2), d’optimisation des prélèvements d’eau (E3) et de biodiversité (E4).
  • L’utilisation des ressources et de la gestion des déchets peut avoir des impacts sur les communautés affectées. Ils sont à traiter dans l’ESRS S3, tandis que l’ESRS E5 traite plutôt des aspects dits “techniques” de l’économie circulaire et de la gestion des ressources.
  • Les informations présentées au titre du standard E5 sont pertinentes pour comprendre les impacts liés aux consommateurs et utilisateurs finaux abordés dans l’ESRS S4, notamment sur la consommation responsable et l’inclusion.

Nouveautés 2026

Les changements à venir avec la révision 2025/2026

Moins de points de données

Suite à l'omnibus CSRD et la modification des standards ESRS, le nombre de points de données à présenter dans son rapport est largement réduit :

EFRAG propose de supprimer

  • autour de 60% des points de données obligatoires ;
  • ainsi que 100 % des points de données volontaires.

Notion de matériaux clés

La notion de matériaux dits “clés” est introduite. Cela permet ainsi de concentrer les efforts de déclaration sur les matériaux significatifs aux opérations de l’entreprise (matériaux clés utilisés ou vendus) et selon un critère à définir (le volume, le poids, le coût, le caractère stratégique ou bien la criticité d’approvisionnement).

Flexibilité de caractérisation de la durabilité et la réparabilité

L’entreprise peut désormais choisir entre des informations quantitatives ou qualitatives pour présenter le niveau de durabilité et de réparabilité de ses produits clés.

Descriptions des effets financiers supprimés

Avec l'Omnibus, les ESRS environnementaux ont été allégés pour éviter toute redondance. En particulier, l’exigence de publication portant sur les effets financiers des plans d’actions adoptés au sein de l’entreprise sur le sujet de l’économie circulaire a été supprimée de l’ESRS thématique.

recapitulatif simplification esrs e5 post omnibus
Evolution de la structure de l'ESRS E5 dans le "Set 1" (à gauche) vs le "Set 2" (à droite)

Pourquoi ces changements ?

De nombreux points de données ont été supprimés suite au paquet Omnibus, du fait de leur proximité avec des informations déjà demandées au titre de l’ESRS 2 dans un effort de simplification.

Les changements reflètent également un besoin de clarification sur le périmètre du rapport - les matériaux critiques à aborder - et de flexibilité quant au détail des informations à faire remonter.

Impacts pour les entreprises

Exigences spécifiques du standard E5

Politiques

En plus des exigences générales à publier au titre de l’ESRS 2 sur les politiques (GDR-P), l’entreprise doit également présenter comment elle a intégré les principes de circularité et d’éco-conception dans ses produits et/ou services clés le cas échéant.

Cibles et indicateurs

Sur les éléments chiffrés, l’entreprise devra répondre aux exigences générales de l’ESRS 2 sur les cibles (GDR-T) et indicateurs (GDR-M).

De plus, si le sujet des ressources entrantes a été défini comme matériel pour l’entreprise, celle-ci doit présenter une liste des matériaux clés utilisés pour fabriquer ses produits et les mettre sur le marché, ou pour fournir ses services, en précisant le poids de chaque matériau, s’il s’agit d’une matière première critique et/ou stratégique et si le matériau est de seconde main.

Concernant les ressources sortantes, il est attendu de l’entreprise qu’elle communique de nombreuses informations :

  • sur les produits clés vendus : des informations (qualitatives ou quantitatives) sur leur durabilité et leur réparabilité, le taux de recyclabilité prévu pour ces produits et leurs emballages.
  • sur les déchets générés : une description des flux de déchets, le poids total des déchets, la part de déchets dangereux et non-dangereux récupérés par procédé (recyclage, réemploi, autre) ou jetés par procédé (décharge, incinération, autre), la proportion de déchets dont la destination finale est inconnue (exprimée en pourcentage du total des déchets), le volume des déchets radioactifs générés.
Une version synthétique des standards ESRS & paquet Omnibus dans notre livre blanc dédié

Que recommande Toovalu ?

Pourquoi la prise en compte de ces indicateurs est-elle stratégique ?

Dans un monde où les ressources vont se raréfier, travailler sur la circularité des matières est un enjeu stratégique pour les entreprises dont le modèle économique repose sur certaines ressources à l’approvisionnement tendu. Cela permet de pérenniser l’activité de l’entreprise sans augmentation importante des coûts d’approvisionnement, et de travailler à l’évolution vers un modèle économique de la fonctionnalité avec une offre de services de réparation, de réemploi, de réutilisation des composants afin de les faire durer le plus longtemps possible.

Conseils :

  • Identifier les matériaux clés achetés : plusieurs critères pourront être utilisés conjointement comme le risque de pénurie du matériau, la part du matériau dans les coûts et les impacts du prélèvement du matériau sur l’environnement et les populations.
  • Identifier les produits clés vendus : plusieurs critères pourront également être utilisés conjointement comme la part du produit dans le chiffre d'affaires et le volume de produits vendus (plus on en vend, plus on peut contribuer à une filière de circularité).

Depuis 2012, les consultants ESG Toovalu accompagnent les entreprises dans leurs enjeux de conformité et de reporting, grâce à une expertise unique et une plateforme dédiée.

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Questions fréquentes ESRS E5

Qu’est-ce que le standard ESRS E5 ?

L’ESRS E5 est le standard CSRD dédié à l’utilisation des ressources et à l’économie circulaire. Il complète l’ESRS 2 lorsque ces enjeux sont jugés matériels pour l’entreprise.

Quels sujets sont couverts par l’ESRS E5 ?

Le standard traite des ressources entrantes, des ressources sortantes (produits et services) et de la gestion des déchets, avec un focus sur la circularité des flux de matières.

Quelles entreprises sont les plus concernées par l’ESRS E5 ?

Selon l’analyse de EFRAG, 65 % des entreprises déclarent au moins un enjeu E5 matériel, en particulier dans la construction, l’industrie et la distribution.

Quels indicateurs clés doivent être publiés au titre de l’ESRS E5 ?

Les entreprises doivent notamment décrire leurs matériaux clés, la durabilité et la réparabilité des produits clés, ainsi que les volumes et flux de déchets générés.

L’ESRS E5 impose-t-il des indicateurs financiers spécifiques ?

Non. Les effets financiers liés à l’économie circulaire ont été retirés du standard et relèvent désormais exclusivement des exigences transverses de l’ESRS 2.