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ESRS E4 : Définition biodiversité & évolutions + nouveautés CSRD 2026

Découvrez les objectifs, exigences et nouveautés de l'ESRS E4 en 2026

ESRS E4 : Définition biodiversité & évolutions + nouveautés CSRD 2026

L'essentiel à retenir - ERSR E4 

  • ESRS E4 évalue l’impact et la contribution de l’entreprise à la biodiversité et aux écosystèmes, en complément de l’ESRS 2, lorsque les informations sont matérielles. Il couvre les facteurs d’érosion, l’état des espèces, des écosystèmes et les services écosystémiques.
  • Les entreprises doivent publier des KPIs clés : plan de transition biodiversité (s’il existe), localisations sensibles, politiques de traçabilité et mesures compensatoires prévues pour les atteintes à la biodiversité, ainsi que cibles et indicateurs chiffrés.
  • E4 est lié aux autres ESRS environnementaux (E1 climat, E2 pollution, E3 eau, E5 circularité) et au standard social S3, pour refléter les impacts sur les communautés affectées.
  • La révision 2025/2026 simplifie le standard : forte réduction des points de données (près de 80%), suppression des informations financières et recentrage sur les informations essentielles et la communication des plans de transition existants.

La biodiversité n’est plus un sujet périphérique : elle est désormais un enjeu stratégique pour les entreprises qui veulent sécuriser la résilience de leurs activités et de leurs chaînes de valeur. Au sein du reporting CSRD, Le standard ESRS E4 permet de mesurer et de rendre compte de la contribution des entreprises au Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal, en particulier lorsqu’un plan de transition biodiversité est déjà en place. Plus qu’un simple reporting, ce standard offre une vision concrète des impacts et des mesures mises en œuvre pour protéger les écosystèmes, anticiper les risques et renforcer la durabilité des opérations. Découvrez quels sont les sujets couverts par ce standard et comment les mesurer.

Qu’est-ce que ESRS E4 ?

Au sein des normes ESRS, le standard ESRS E4 a pour objectif de comprendre la réponse et contribution de l’entreprise au Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal, lorsque celle-ci a un plan de transition en place dans le domaine de la biodiversité et des écosystèmes.

Il vient compléter les informations à présenter au titre de l’ESRS 2 - en matière de politiques, actions, cibles et indicateurs - lorsque les informations décrites au sein du standard E4 sont matérielles.

Selon une analyse publiée par l’EFRAG fin 2025, ce standard est utilisé en moyenne par 40% des entreprises actuellement soumises à la CSRD avec de grandes disparités selon les secteurs. Les enjeux de biodiversité et les écosystèmes s’avèrent critiques pour les secteurs

  • de l’extraction minière (80%)
  • de la construction (71%)
  • de l’énergie (62%)

De plus, autour de 30% des entreprises déclarent des indicateurs sur la biodiversité - à hauteur de 4 indicateurs en moyenne -, et cela même si le sujet ne ressort pas comme matériel.

photo en gros plan de champignons
ESRS E4 : un standard pour mesurer l'impact sur la biodiversité

Exigences clés

Les sous-sujets couverts par le standard sont :

  • les facteurs de modification de la biodiversité et des écosystèmes (modification des habitats terrestres et marins, espèces invasives),
  • l’état de conservation des espèces,
  • l’étendue et les conditions des écosystèmes terrestres et marins,
  • les services écosystémiques.

KPIs obligatoires

Suite à l'omnibus CSRD, le set 2 des ESRS établit un certain nombres de KPI obligatoires au titre d'ESRS E4.

KPIs de gouvernance et de pilotage

Les KPIs de gouvernance et de pilotage sont obligatoires. 

La publication d’un plan de transition biodiversité


Celle-ci est obligatoire uniquement si le plan de transition existe déjà et s’il a été rendu public.

La localisation des opérations liées à des IROs matériels sur la biodiversité et les écosystèmes

Les KPI obligatoires sont :

  • identification des sites situés dans des zones sensibles sur le plan de la biodiversité,
  • description des activités affectant négativement ces zones

KPIs liés aux politiques et aux actions

Les KPIs liés aux politiques et aux actions concernent les :

Politiques spécifiques biodiversité

Ceux-ci portent sur :

  • Lla traçabilité des produits, composants et matières premières en lien avec les impacts matériels sur la biodiversité,
  • les sites situés à proximité de zones sensibles

Mesures compensatoires en cas d’atteintes à la biodiversité

Si elle sont prévues dans les plans d'actions, ces mesures doivent comprendre :

  • objectif de la mesure,
  • financement,
  • région concernée,
  • type de mesure,
  • critère de qualité,
  • standard ou norme de référence

KPIs chiffrés

Les cibles et indicateurs biodiversité doivent être publiés conformément aux exigences générales de l’ESRS 2 :

  • cibles (GDR-T),
  • indicateurs (GDR-M)
  • Précision de la prise en compte ou non des mesures compensatoires dans l’atteinte des objectifs ciblés

KPIs financiers

Aucun KPI financier spécifique n'est requis par l’ESRS E4. Les effets financiers des plans d’actions ont été supprimés du standard et relèvent de l’ESRS 2.

Liens avec les autres ESRS (cross-cutting)

Comme tous les ESRS thématiques, celui-ci est directement lié aux exigences générales de l’ESRS 2

Par ailleurs, il est lié à tous les autres standards environnementaux et au standard social S3 sur les communautés affectées :

  • Lien avec E1 et E2 : le changement climatique et les pollutions font partie des facteurs directs d’érosion de la biodiversité. Les impacts sur la biodiversité et les écosystèmes sont à mentionner au titre du standard E4.
  • Lien avec E3 et E5 : l’ utilisation de l’eau et la gestion des ressources, notamment marine, ainsi que des déchets dans le cadre de l’économie circulaire peuvent avoir des impacts sur la biodiversité et les écosystèmes qui sont à mentionner au titre du standard E4.
  • Lien avec S3 : certains impacts de l’entreprise sur la biodiversité et les écosystèmes peuvent avoir des conséquences négatives sur les communautés locales ce qui doit être reflété au titre du standard S3.

Nouveautés 2026

Les changements à venir avec la révision 2025/2026

Moins de points de données

Le nombre de points de données à présenter dans son rapport est largement réduit :

  • l’EFRAG propose de supprimer près de 80% des points de données obligatoires ;
  • ainsi que l’ensemble des points de données volontaires sauf un, la communication d’un plan de transition.

Présenter un plan de transition existant

Si la communication d’un plan de transition au profit de la biodiversité et des écosystèmes devient une exigence de publication obligatoire, elle reste toutefois conditionnelle à l’existence d’un tel plan déjà mis en place au sein de l’entreprise et rendu public.

Description des effets financiers supprimés

Les ESRS environnementaux ont été allégés pour éviter toute redondance. En particulier, l’exigence de publication portant sur les effets financiers des plans d’actions adoptés au sein de l’entreprise au profit de la biodiversité a été supprimée de l’ESRS thématique.

récapitulatif ESRS E4 post omnibus
Evolution de la structure des ESRS E4 dans le "Set 1" (à gauche) vs le "Set 2" à droite

Pourquoi ces changements ?

  • De nombreux points de données ont été supprimés du fait de leur proximité avec des informations déjà demandées au titre de l’ESRS 2
  • dans un effort de simplification et de clarification.

Les points de données sont moins précis et donnent plus de liberté aux sociétés quant au détail des informations à faire remonter. Globalement, le standard a été considérablement allégé au vu de la faible maturité méthodologique en matière de biodiversité.

mockup livre blanc esrs post omnibus
Pour aller plus loin, découvrez les nouvelles exigences ESRS dans notre livre blanc complet

Impacts pour les entreprises

Stratégie

L’entreprise est désormais tenue de déclarer tout plan de transition existant en matière de biodiversité, et déjà rendu public.

Politiques

En plus des exigences générales de publication à présenter au titre de l’ESRS 2 sur les politiques (GDR-P) mises en place au sein de l’entreprise, le rapport de durabilité devra décrire ses politiques concernant spécifiquement :

  • la traçabilité des produits, composants et matières premières en lien avec les impacts matériels actuels ou potentiels sur la biodiversité et les écosystèmes ;
  • les sites de l’entreprise situés près des zones sensibles sur le plan de la biodiversité.

Actions

En plus des exigences générales de publication à présenter au titre de l’ESRS 2 sur les actions (GDR-A) de l’entreprise, le rapport doit également présenter les mesures compensatoires prévues en cas  d’atteintes à la biodiversité si elles sont mentionnées dans un plan d’action. Cela inclura l’objectif de la mesure compensatoire, le financement, la région concernée, le type de mesure, le critère de qualité utilisé et le standard ou la norme auxquels se réfère la mesure.

Cibles et indicateurs

Sur les éléments chiffrés, l’entreprise devra répondre aux exigences générales de l’ESRS 2 sur les cibles (GDR-T) et indicateurs (GDR-M). Elle devra également préciser, le cas échéant en cas d’utilisation de mesures compensatoires à des atteintes à la biodiversité, si celles-ci entrent en considération dans l’établissement de ses objectifs ciblés.

L’entreprise doit aussi dresser une liste des localisations de ses opérations auxquelles sont liés les IROs matériels sur la biodiversité et les écosystèmes. Il doit être précisé si ces localisations sont situées dans des zones sensibles sur le plan de la biodiversité et le cas échéant quelles activités affectent négativement ces zones.

Que recommande Toovalu ?

Pourquoi la prise en compte de ces indicateurs est-elle stratégique ?

Un grand nombre d’entreprises dépendent des services écosystémiques générés par la biodiversité et les écosystèmes soit dans leurs opérations propres soit dans leur chaîne de valeur selon les secteurs - une étude de la Banque de France estime que 42% de la valeur du portefeuille de titres détenus par les institutions financières françaises a été émise par des entreprises qui dépendent fortement ou très fortement d’au moins un service écosystémique.

Faire l’état des lieux de son impact sur la biodiversité et mettre en place un plan de transition pour réduire les conséquences négatives voire contribuer à la restauration des écosystèmes est donc clé pour la résilience des entreprises. Cela est d’autant plus vrai pour les secteurs qui dépendent directement du bon fonctionnement des écosystèmes (ex : agro-alimentaire, textile, pharmaceutique).

Conseils :

  • Cartographier les dépendances aux écosystèmes vivants de son approvisionnement ou du fonctionnement de ses opérations.
  • Relever les facteurs d’érosion de la biodiversité auxquels contribue l’entreprise (par ses activités et sa chaîne de valeur) : la modification des habitats, l’exploitation de ressources naturelles (E5), le changement climatique (E1), les pollutions (E2) et l’introduction d’espèces invasives.

Les consultants et experts de la plateforme ESG Toovalu accompagnent les entreprises dans leurs enjeux de reporting extra-financier et de conformité.

Prendre contact

Questions fréquentes ESRS E4

Qu’est-ce que le standard ESRS E4 ?

L’ESRS E4 est le standard CSRD dédié à la biodiversité et aux écosystèmes. Il complète l’ESRS 2 lorsque la biodiversité est un enjeu matériel et qu’un plan de transition est en place.

Quels sujets couvre l’ESRS E4 ?

Il traite des facteurs d’érosion de la biodiversité, de l’état de conservation des espèces, de l’étendue et des conditions des écosystèmes, ainsi que des services écosystémiques.

Quelles informations doivent être publiées ?

Les entreprises doivent communiquer leur plan de transition biodiversité existant, la localisation des sites sensibles, les politiques, actions et mesures compensatoires prévues, ainsi que les cibles et indicateurs chiffrés.

Pourquoi ce standard est-il stratégique pour les entreprises ?

La biodiversité soutient de nombreux services écosystémiques essentiels aux opérations et chaînes de valeur. Cartographier ses impacts et mettre en place un plan de transition renforce la résilience et la pérennité de l’entreprise.