EcoVadis, Lucie, ISO 26000, B Corp etc. : tour d'horizon et présentation

En 2026, les labels et référentiels RSE occupent une place de plus en plus visible dans les trajectoires des entreprises. Ils interviennent à la croisée de plusieurs dynamiques : renforcement du cadre réglementaire européen, montée des exigences des clients et des donneurs d’ordres, structuration des démarches internes autour d’indicateurs comparables. Leur multiplication soulève toutefois une question centrale : à quoi servent réellement ces labels et comment les mobiliser sans réduire la RSE à un simple exercice de conformité ou de communication ?
Ce panorama réalisé par les experts du logiciel RSE Toovalu propose une lecture approfondie des principaux labels et référentiels RSE utilisés en 2026, de leurs logiques d’évaluation, de leurs coûts et des usages pertinents selon les profils d’entreprise.
L’entrée en application de la CSRD modifie profondément le cadre de la RSE en Europe. Les entreprises doivent désormais produire des informations
Cette évolution accroît mécaniquement l’intérêt pour des référentiels reconnus, capables d’apporter une méthode, une grille de lecture et parfois un regard tiers.
Parallèlement, le devoir de vigilance étend les responsabilités des entreprises sur l’ensemble de leur chaîne de valeur. Les labels RSE deviennent alors des outils d’appui pour structurer certaines politiques, notamment sur les achats, les droits humains ou les conditions de travail.

Les clients B2B intègrent de plus en plus des critères RSE dans leurs appels d’offres. Dans certains secteurs, l’absence de notation ou de label reconnu constitue un frein à l’accès à certains marchés. Les investisseurs, de leur côté, attendent des signaux tangibles sur la qualité des démarches mises en place, au-delà des déclarations d’intention.
C'est ainsi que les labels agissent comme des repères partagés, même si leur portée varie fortement selon leur nature.
Une démarche RSE repose sur des choix internes :
Un label, quant à lui, correspond à une évaluation externe, fondée sur un référentiel donné et un périmètre défini.
Obtenir un label ne signifie pas “faire de la RSE”. Celui-ci vient reconnaître, à un instant donné, un certain niveau de structuration ou de pratiques, sans se substituer au pilotage interne.
ISO 26000 est l’un des référentiels fondateurs de la RSE. Il ne s’agit pas d’une norme certifiable, mais de lignes directrices couvrant sept grands domaines :
De nombreux labels s’appuient sur cette structure pour construire leurs grilles d’évaluation. ISO 26000 apporte un cadre conceptuel solide, tout en laissant une large marge d’interprétation dans la mise en œuvre.
Les principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits humains, les lignes directrices de l’OCDE et les conventions de l’OIT constituent un socle largement partagé. Ils inspirent les exigences relatives aux droits humains, au dialogue social, à la lutte contre la corruption ou à la responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement.
Ces cadres internationaux nourrissent de nombreux labels, même lorsqu’ils ne sont pas explicitement mentionnés.
Les Objectifs de Développement Durable servent souvent de grille de lecture complémentaire. Certains labels proposent des correspondances explicites entre leurs critères et les ODD, afin de situer les actions de l’entreprise dans un cadre international plus large. Cette correspondance reste indicative et n'est pas une obligation.
En 2026, l’articulation avec les ESRS devient un point de vigilance. Les labels ne remplacent pas les obligations de reporting, mais certains facilitent la structuration des politiques et des données attendues. Cette complémentarité dépend fortement du périmètre du label et de la profondeur de l’évaluation.
B Corp repose sur une vision globale de la performance de l’entreprise, intégrant :
Le label s’inscrit dans une logique de transformation du modèle d’entreprise, avec une dimension juridique spécifique dans certains pays.
L’évaluation s’appuie sur un questionnaire détaillé, complété par des éléments de preuve. Un score minimal conditionne l’obtention du label, avec des audits réguliers et une réévaluation périodique.
B Corp offre une forte visibilité et une reconnaissance internationale. En revanche, le processus demande un investissement conséquent en temps et en ressources, et le périmètre d’évaluation peut apparaître large pour certaines entreprises peu avancées. Dans cet article, retrouvez nos conseils pour obtenir la certification B Corp.
EcoVadis repose sur une notation fondée sur quatre thèmes :
Le résultat prend la forme d’un score, souvent comparé au sein d’un secteur.
La plateforme est largement utilisée dans les relations clients-fournisseurs. Une bonne notation facilite l’accès à certains marchés et répond aux exigences des directions achats.
EcoVadis agit davantage comme un outil d’évaluation continue que comme un label au sens classique.
Le label français LUCIE s’appuie explicitement sur ISO 26000. Il évalue la manière dont l’entreprise décline les principes du référentiel dans ses pratiques.

LUCIE concerne :
AFNOR Engagé RSE propose plusieurs niveaux, permettant de situer l’entreprise sur un parcours de progression. Cette gradation facilite l’entrée dans la démarche pour des structures moins avancées.
L’évaluation repose sur des audits réalisés par des experts, avec un retour détaillé sur les points forts et les axes d’amélioration.
Le label RFAR et la norme ISO 20400 concernent spécifiquement les achats responsables. Ils évaluent les pratiques de sélection, de suivi et de relation avec les fournisseurs, en lien avec les enjeux sociaux et environnementaux.
Des labels comme NF Environnement ou l’Ecolabel européen portent sur des produits ou des services précis. Ils reposent sur des critères techniques et des analyses de cycle de vie, avec un périmètre plus restreint que les labels RSE organisationnels.
Certains labels se concentrent sur des thématiques sociales :
Ils répondent à des enjeux ciblés et viennent compléter une démarche globale.
Certains secteurs disposent de labels spécifiques, notamment dans l’agroalimentaire, la finance ou le numérique. Leur pertinence dépend du poids du secteur dans la chaîne de valeur de l’entreprise.
Les coûts varient selon les labels. Ils incluent généralement des frais d’audit, des coûts d’accompagnement éventuels et parfois une cotisation annuelle. À cela s’ajoutent des coûts internes liés à la mobilisation des équipes et à la production de données.
Les cycles de labellisation s’étendent sur une à quatre années, avec des audits intermédiaires ou des mises à jour régulières. Cette temporalité impose une continuité dans les pratiques.
Un label nécessite un pilotage interne clair, souvent assuré par la fonction RSE en lien avec les ressources humaines, les achats, la finance et parfois la direction générale. En pratique, beaucoup d'entreprises font appel à des consultants RSE experts et / ou une pilote leur labellisation dans une plateforme RSE dédiée, pour maximiser leurs chances de réussite.
Certains labels servent avant tout à structurer une démarche interne, d’autres répondent à des attentes clients ou marchés. Cette clarification conditionne le choix.
Un label très exigeant peut décourager une organisation en phase initiale. À l’inverse, un label trop basique apporte peu de valeur à une entreprise déjà avancée.
Tous les labels ne s’adaptent pas à tous les secteurs ni à toutes les tailles d’entreprise. Cette compatibilité doit être analysée en amont.
Clients, partenaires, financeurs orientent parfois implicitement le choix du label. Ignorer ces attentes limite l’impact recherché.
Le label doit produire un bénéfice réel :
Cet apport doit être mis en regard des ressources mobilisées.
Un label RSE apporte une réelle valeur lorsqu’il sert de point d’appui pour faire évoluer les pratiques internes. L’intérêt ne réside pas dans le label lui-même, mais dans le processus qu’il déclenche : diagnostic externe, mise en lumière des écarts, priorisation des sujets et formalisation d’axes de progrès. Les audits et évaluations associés offrent un regard structuré sur des dimensions parfois traitées de manière fragmentée, comme la gouvernance, les achats responsables ou les conditions de travail.
Lorsqu’il est bien exploité, le label devient un outil de pilotage. Les constats formulés peuvent
À l’inverse, un label utilisé comme un objectif en soi tend à figer les pratiques : l’entreprise cherche à conserver un niveau ou un score, sans engager de dynamique d’amélioration continue.
Pour produire un effet durable, le label doit être articulé avec la stratégie RSE globale. Les résultats des audits peuvent nourrir directement l’analyse des enjeux prioritaires, éclairer les décisions de long terme et renforcer la cohérence entre engagements affichés et actions menées. Cette articulation est particulièrement pertinente dans le contexte de la CSRD.
Les évaluations réalisées dans le cadre d’un label peuvent contribuer à documenter certaines dimensions de la double matérialité, à structurer des politiques internes ou à consolider des éléments de preuve utiles au reporting. Le label ne se substitue pas aux exigences réglementaires, mais il peut en faciliter la mise en œuvre en apportant des repères, des méthodologies et un cadre de lecture partagé.
La communication autour d’un label RSE doit rester rigoureuse et proportionnée. Il est essentiel de préciser :
Un label atteste d’un niveau de pratiques à un instant donné, sur des critères définis. Il ne constitue ni une certification globale de performance ni une garantie absolue.
Une communication factuelle renforce la crédibilité de la démarche. Alors que toute exagération des effets ou toute généralisation abusive expose l’entreprise à des critiques de greenwashing ou de purpose washing. Présenter le label comme un jalon dans un parcours RSE, et non comme un aboutissement, permet de valoriser l’engagement sans surinterprétation et de préserver la confiance des parties prenantes.*

Toovalu accompagne les entreprises dans la préparation, le suivi et l’exploitation des démarches de labellisation et d’évaluation RSE (B Corp, EcoVadis, Société à Mission etc.). La plateforme permet de :
Non. Aucun texte européen n’impose l’obtention d’un label. Les obligations portent sur la transparence et le reporting, pas sur la labellisation.
Non. Un label peut aider à structurer certaines politiques ou démarches, mais il ne couvre jamais l’ensemble des exigences des ESRS, ni le niveau de détail attendu.
Non. Ils diffèrent par leur périmètre, leur méthode d’évaluation, la profondeur des audits et leur reconnaissance sectorielle. Leur intérêt dépend du contexte et des objectifs recherchés.
Oui, mais cela nécessite des ressources internes suffisantes et une bonne coordination pour éviter les doublons et la dispersion des efforts.
Lorsque la démarche RSE est déjà un minimum structurée. Un label apporte peu de valeur s’il intervient trop tôt ou sans socle interne solide.
Oui, à condition de choisir un label compatible avec leur taille, leur secteur et leurs moyens. Un dispositif trop exigeant peut devenir contre-productif.
Il réduit certains risques, sans les supprimer. La crédibilité repose sur la cohérence entre pratiques réelles, périmètre du label et communication.
En l’utilisant comme appui pour améliorer les pratiques internes et piloter les plans d’action, pas comme une simple vitrine externe.