Découvrez le fonctionnement du CBAM, son calendrier et ses obligations

L'essentiel à retenir :
Le CBAM (Carbon Border Adjustment) ou MACF en français (Mécanisme d'Ajustement aux Frontières) répond aux enjeux de décarbonation des entreprises. Parfois recoupé sous le terme générique de “taxe carbone”, le MACF est l’un des grands principes du pacte vert européen et du dispositif de tarification carbone de l’UE, avec les ETS 1 et 2.
Ce mécanisme cible spécifiquement les entreprises qui importent des matières premières polluantes ou des biens à forte densité carbone au sein de l'Union européenne. Ces acteurs sont désormais soumis à de nouvelles exigences en termes de déclaration, élaborées dans le respect des normes de l’Organisation Mondiale du Commerce et du droit international sur l’environnement.
Entreprises concernées, fonctionnement et calendrier de déploiement : les consultants finance durable Toovalu vous expliquent tout sur le MACF.
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises concernées par ce mécanisme doivent s’inscrire au registre CBAM pour déclarer les émissions générées par les produits importés. Le MACF s’inscrit dans la continuité du SEQE, qui ne concernait que les entreprises situées dans l’Union européenne et ne ciblait donc pas les importations en dehors du continent.
En plus de cette inscription, les importateurs concernés sont tenus à d’autres obligations annuelles. Ils doivent remettre un nombre de certifications MACF équivalent aux émissions déclarées. Ces certificats sont achetés au prix hebdomadaire des quotas ETS sur le marché primaire. Si un prix carbone a déjà été payé dans le pays d’origine, l’importateur peut le déduire pour éviter une double tarification.
Les allocations gratuites pour les secteurs ETS concernés par le CBAM seront progressivement supprimées pour garantir des conditions de concurrence équitables.
Les revenus collectés grâce au CBAM peuvent servir à :
Pour la mise en pratique du mécanisme, le gouvernement propose un guide pratique de l’importateur qui récapitule les échéances clés et les attendus.

Pour l’instant, 6 secteurs prioritaires sont concernés par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières:
Soit environ 570 produits référencés au total.
Ces industries représentent à elles seules 45 % des émissions de l’Union européenne. En France, cela représente environ 7 milliards d’euros de produits importés.
Sont exclues des obligations :
Le mécanisme pourra ensuite s’étendre à d’autres secteurs, en particulier celui du raffinage et de la chimie.
Le MACF mobilise un ensemble d’acteurs. Il est important de bien les identifier pour comprendre quelles sont vos responsabilités en tant qu’entreprise :
Les pays les plus concernés par ces importations hors-UE sont la Russie, la Chine et l’Ukraine, vraies puissances industrielles dans la production et le commerce de métal, d’énergie et d’engrais.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières a été mis en place progressivement, via une période transitoire démarrée au 1er octobre 2023 et terminée au 31 décembre 2025.
Dans ce temps, les entreprises concernées étaient tenues de publier un rapport trimestriel sur la plateforme du MACF pour communiquer de façon transparente sur l’impact environnemental de leurs importations.
Chaque rapport devait impérativement comporter :
La Commission européenne a mis à disposition un ensemble de ressources pédagogiques, de tutoriels et de templates pour faciliter la communication avec les fournisseurs et le reporting final.
Les entreprises qui refusaient de se soumettre à cette obligation s’exposaient à une sanction financière pouvant aller de 10 € à 50 € par tonne non déclarée.
Autre obligation de cette période transitoire : les importateurs devaient candidater en ligne au statut “déclarant MACF autorisé”, en prévision de la période effective de janvier 2026.
La période transitoire a pris fin au 31 décembre 2025 et laisse donc place à la période effective du CBAM.
Depuis cette date, les importateurs concernés par le mécanisme sont soumis à de nouvelles obligations :
La déclaration concernant les activités de 2026 doit être impérativement publiée avant le 31 mai 2027.
En cas de non respect de ces règles, les importateurs s’exposent à des sanctions financières, un retrait du statut de “déclarant autorisé” et un blocage des importations (déclarations non conformes).
À noter : En octobre 2025, la Commission européenne a publié un avenant d'exemption pour certaines entreprises dont l’importation cumulée de matériaux ne dépasse pas 50 tonnes.
Premier objectif central du MACF : limiter les fuites de carbone liées à l’importation. On entend par là, éviter au maximum l’importation de produits issus de pays qui n’appliquent pas de cadre industriel respectueux de l’environnement.
Une mesure indispensable pour respecter les engagements pris par l’Europe en octobre 2023 à l’occasion du Pacte vert européen, et notamment celui d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 sur les importations.

Autre enjeu essentiel : empêcher le déplacement de la production (délocalisation) vers des pays où les règles climatiques sont moins strictes. On ne souhaite pas que les réductions d’émissions en Europe entraînent une délocalisation de l’appareil productif et une augmentation des émissions ailleurs (effet rebond mondial).
Le MACF vise à éviter cet effet rebond en alignant le prix du carbone des importations sur celui payé par les producteurs européens, tout en incitant les partenaires commerciaux à adopter des politiques climatiques plus ambitieuses.
Le MACF s’inscrit dans la continuité des dispositifs en faveur de la décarbonation des entreprises :
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières soumet les entreprises européennes à des normes strictes, ce qui renforce leur compétitivité sur l’échiquier international. L’Europe s’inscrit en exemple et invite les pays tiers à adopter des mesures comparables, sous peine de voir leurs produits taxés à l’entrée dans l’Union.
Pour conclure, le MACF a pour objectif de permettre à l’UE de poursuivre les ambitions de son agenda climatique (Fit for 55) sans entacher la performance industrielle. L’objectif est toujours de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, mais sans abîmer la réputation et la compétitivité du marché européen.
Le MACF est une action très concrète qui permet de réduire l’empreinte carbone de l’UE liée aux importations. Cette taxe carbone invite les entreprises à repenser leur modèle d’importation, questionner le choix de leurs fournisseurs et à s’inscrire enfin dans une vraie démarche de transparence.
Pour autant, le CBAM fait l'objet de nombreuses critiques, entre autres :

Un défi majeur du MACF concerne la fiabilité des données d'émissions déclarées par les producteurs situés hors de l'UE. Le règlement CBAM impose l'utilisation de méthodologies harmonisées et prévoit des mécanismes de vérification, mais la qualité des données sur les chaînes de valeur internationales reste un point de fragilité.
Face aux craintes des industriels, l’UE a déjà adopté une proposition de simplification administrative (en juin 2025) qui exempte 90% des entreprises concernées initialement, tout en continuant à couvrir 99% des émissions GES des secteurs concernés.
Fin 2025, le dispositif a encore été l’objet de tractations, notamment lors de la COP 30 à Belem, où il a clairement servi de monnaie d’échange dans les discussions entre les pays en développement et l’UE.
Pour répondre aux inquiétudes des industriels et des agriculteurs avant l’entrée en vigueur complète du CBAM en 2026, la Commission européenne a proposé plusieurs ajustements fin décembre 2025.
Elle propose notamment :
Courant 2026, ces mesures pourraient être acceptées et modifier ainsi le principe du CBAM.
Non. Le CBAM n’est pas officiellement une taxe, mais un mécanisme d’ajustement permettant d’aligner le coût carbone des produits importés sur celui payé par les entreprises européennes via l’ETS. Il sert à réduire les fuites de carbone et à garantir une concurrence équitable.
Non. Le CBAM ne s’applique pas à toutes les importations : il cible uniquement certains produits et secteurs considérés comme à fort risque de fuite de carbone. Son périmètre couvre progressivement des matériaux de base et certains produits transformés, avec un déploiement par étapes. Il est donc essentiel de vérifier si les biens importés font partie de la liste CBAM et s’ils entrent dans le champ des obligations de déclaration.
À partir de 2026, toutes les entreprises qui importent du ciment, du fer et de l’acier, des engrais, de l’aluminium, de l’électricité ou de l’hydrogène devront déclarer les émissions incorporées dans leurs produits et restituer des certificats CBAM.
L’importateur doit être en mesure de collecter les émissions intégrées des produits importés, en particulier les émissions directes liées à leur fabrication (et dans certains cas les émissions indirectes). Cela implique souvent de demander aux fournisseurs des informations sur les procédés, les consommations d’énergie, la méthodologie utilisée et les justificatifs disponibles. Sans données fiables, le risque est de devoir appliquer des valeurs par défaut moins favorables ou d’augmenter le coût de conformité.
Les importateurs doivent collecter les données d’émissions auprès de leurs fournisseurs hors-UE, incluant les émissions directes et indirectes. Si ces informations manquent, des valeurs par défaut fixées par la Commission européenne peuvent être utilisées, mais seulement temporairement.
Le CBAM est conçu comme un mécanisme complémentaire au EU ETS, qui impose déjà un prix carbone aux industries européennes via l’achat de quotas d’émission. L’objectif est d’éviter qu’une entreprise européenne soit désavantagée face à un concurrent hors UE produisant avec une intensité carbone plus élevée. Le CBAM cherche donc à aligner progressivement le coût carbone des importations sur celui payé par les industriels européens soumis au marché carbone.
Le CBAM et la CSRD poursuivent un objectif commun : renforcer la transparence et la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’économie européenne. Le CBAM impose aux importateurs de déclarer puis payer un coût carbone lié aux émissions intégrées des produits importés, tandis que la CSRD, via ESRS E1, oblige les entreprises à publier un reporting climat complet (scopes 1, 2 et 3), une trajectoire de décarbonation et un plan de transition. En pratique, le CBAM peut donc renforcer la pression sur la qualité des données amont (fournisseurs, matières premières, procédés) et alimenter la structuration du scope 3 et des risques de transition attendus dans le reporting CSRD.
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