Tout comprendre sur cet élément phare du Green Deal européen

Les directions financières et RSE des entreprises sont confrontées à une difficulté majeure : comprendre ce que la taxonomie verte implique réellement pour leurs activités et leurs indicateurs ESG.
En effet, les critères techniques de la taxonomie verte s’avèrent complexes, les données exigées sont nombreuses et les interprétations sont parfois divergentes. Derrière l'enjeux est majeur : se conformer aux réglementations européennes et répondre aux attentes des parties prenantes (clients, financeurs et investisseurs notamment).
Décodage de ce texte phare du Green Deal européen avec les consultants RSE et experts compliance Toovalu.

La taxonomie verte est la classification officielle de l’Union européenne qui définit les activités durables selon des critères techniques stricts. Elle sert de base aux entreprises et aux investisseurs pour analyser la performance environnementale réelle d’une activité et organiser un reporting ESG fiable.
Une proposition de Taxonomie verte a été présenté en 2018 par l'UE, dans le cadre du plan d'action pour une finance durable. Le Règlement "Taxonomie" a ensuite été adopté par l'Union européenne en juin 2020.
La taxonomie verte s'inscrit dans les objectifs climatiques et environnementaux du Pacte Vert européen.
Elle a été mise en place principalement pour orienter les investissements privés, afin qu'ils contribuent pleinement à l'objectif de l'UE de parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050.
2 types d'acteurs sont concernés par ce dispositif phare du Green Deal européen :
Concrètement, la taxonomie définit le "quoi" (quelles sont les activités "durables" d'un point de vue environnemental) et la CSRD défini le "comment" (les exigences en matière de reporting).
Les entreprises concernées par la CSRD doivent intégrer des données telles que demandées par la taxonomie verte dans leurs reporting CSRD.
La taxonomie est donc un élément indispensable du reporting CSRD.
La taxonomie verte rassemble une liste d’activités économiques accompagnée de critères précis permettant d’évaluer leur contribution aux objectifs environnementaux européens.
Ainsi, au-delà de la simple identification d’une activité, l’enjeu réside dans la capacité à présenter des données robustes et des preuves techniques cohérentes.
Deux notions structurent l’ensemble :
Les entreprises doivent donc différencier clairement ces deux étapes, car elles influencent la lecture du reporting et les échanges avec les financeurs.
Pour mieux comprendre cette logique, voici un exemple :
La rénovation énergétique d’un bâtiment apparaît dans la liste des activités éligibles. Pourtant, seul un gain important de performance énergétique et une analyse détaillée de l’impact environnemental permettent d’accéder à l’alignement. Cette distinction améliore la transparence auprès des investisseurs et permet une évaluation plus précise du projet déposé.
Pour mieux comprendre la Taxonomie verte et ses enjeux, vous pouvez suivre la formation dédiée proposée par Lefebvre Dalloz Compétences
L’éligibilité délimite le périmètre. L’alignement renforce la crédibilité du reporting et influence l’accès aux financements durables.
La taxonomie européenne repose sur six objectifs qui couvrent l’ensemble des enjeux environnementaux. Une activité alignée (et donc considérée comme "verte" au sens de la taxonomie) contribue substantiellement à l’un d’eux tout en évitant d’en dégrader un autre (et en respectant des garanties minimales en matière de droits humains et de droit du travail en parallèle).
Cette logique intégrée évite les compromis environnementaux et renforce la cohérence des stratégies climat.
Une activité alignée contribue substantiellement à un objectif précis tout en préservant les cinq autres, ce qui impose une analyse technique approfondie pour chaque activité de l'entreprise.

Une fois les activités éligibles identifiées, l’entreprise doit vérifier si elles atteignent l’alignement. Cette phase nécessite une analyse détaillée des performances environnementales réélles de l'entreprise et de ses impacts transversaux. Elle demande un niveau de précision jamais rencontré dans les référentiels précédents.
Un exemple très parlant concerne les flottes de transport.
La construction d'une flotte de véhicules électriques ou hybrides d'une entreprise est éligible. Un véhicule électrique semble intuitivement plus favorable au climat qu'un véhicule thermique.
L'alignement est d'ailleurs vérifié dans certain cas. A titre d'exemple, dans son rapport annuel 2024, le groupe Wolkswagen déclare que 7,4 % de son chiffre d’affaires est aligné avec la taxonomie de l’UE et correspond à «la fabrication de technologies à faible émission de carbone pour les transports», ce qui intègre la vente de ses véhicules entièrement électriques et d’une grande partie de ses véhicules hybrides rechargeables fabriqués au sein de l’UE.
Pourtant, une entreprise qui souhaite construire une flotte de véhicules électrique ou hybrides doit vérifier précisément l'alignement de cet activité car :
L’entreprise doit donc analyser les émissions liées à la fabrication du véhicule, leur utilisation, l’électricité utilisée pour la recharge, les impacts sur l’eau ou encore la gestion des batteries en fin de vie.
En résumé, l’alignement de l'activité d'une entreprise repose sur une analyse cohérente et documentée.
La taxonomie est la classification de référence pour orienter les décisions financières des entreprises.
Les financeurs s’y appuient en effet pour évaluer l’impact environnemental d’un projet, car ce cadre apporte une lecture plus nette des risques liés aux activités. Cela permet notamment aux banques de savoir si leurs placements favorisent ou non les objectifs du Pacte vert pour l’Europe, et contribue donc la neutralité carbone de l'UE d'ici 2050.
A noter que la taxonomie n'impose rien aux financeurs. Concrètement, elle ne pénalise pas directement les établissements financiers qui investissent dans des activités fortement émettrices de CO2. Sont rôle sur les investisseurs est indirect : les aides européennes tendant à prioriser les activités alignées avec la taxonomie.
Concrètement, la taxonomie a permis l'essor de la "finance verte" depuis les Accords de Paris, et notamment des Green Bonds, adossés aux critères et objectifs de celle-ci.
A noter aussi que certains investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances, fondations etc.) privilégient les entreprises et activités qui sont alignées avec la Taxonomie pour constituer leurs portefeuilles.
Avec le renforcement des exigences et attentes de toutes les parties prenantes de l'entreprise, la performance de celles-ci est de plus en plus liée à leur engagements RSE et Climat, et donc indirectement, à leur alignement par rapport aux objectifs de la taxonomie. En pratique, miser sur la durabilité permet :
En parallèle, la taxonomie accélère l’évolution interne des organisations.
Cette coordination devient indispensable avec la CSRD, qui impose depuis 2025 la publication de la part éligible de la taxonomie verte, de la part alignée et de l’ensemble des preuves associées. Pour y parvenir, il faut un travail homogène entre données opérationnelles et données financières.
La taxonomie influence donc la finance, la stratégie et le reporting des entreprises. Elle renforce ainsi la lisibilité des projets et clarifie les priorités internes.
Toovalu propose une solutions globale (formation, conseil, logiciel RSE CSRD) pour la mise en conformité et le reporting extra-financier des entreprises.
Entre 2025 et 2027, sont concernées uniquement les entreprises cotées de plus de 500 salariés réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 50 M d’euros et/ou un total de bilan de plus de 25 M d’euros. Celles-ci doivent désormais publier un reporting allégé sur l'exercice précédent :
Parce qu’elle sert désormais de grille commune à tous les acteurs : entreprises, financeurs, auditeurs, analystes ESG. Elle apporte un langage partagé qui réduit les interprétations et stabilise les échanges autour de la performance environnementale.
Les secteurs intensifs en énergie, en eau ou en matières premières font face à des analyses plus denses : industrie lourde, transport, construction, énergie, agroalimentaire. Les critères techniques exigent une connaissance fine des procédés, ce qui demande une organisation interne robuste.
Elle rapproche ces deux fonctions, car les données financières doivent désormais dialoguer avec les données environnementales.
Le travail se fait en binôme : la RSE apporte la compréhension des impacts, la DAF garantit la fiabilité et la cohérence des chiffres publiés.
Oui, car elle impose une logique de preuve plus rigoureuse. Les entreprises doivent documenter chaque indicateur, tracer les sources, justifier les méthodes et structurer les informations de manière homogène pour préparer l’audit CSRD.
Un appui extérieur accélère la compréhension des critères, guide la hiérarchisation des données et évite les erreurs d’interprétation. Pour beaucoup d’organisations, cela réduit les délais, améliore la qualité du reporting et sécurise la publication finale.