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UN HOMME HEUREUX .. où réaction d'un ami suite au discours du Président de la République, le 12 mars




Texte écrit le 16 mars par Bernard Lemoult - Directeur du Collège des transitions sociétales


J’ai croisé un ami ce weekend. Il m’a raconté ce qui lui était arrivé jeudi 12 mars, lorsqu’il a écouté le discours du Président de la République.« Je ne sais pas pourquoi, dit-il, mais le son n’était vraiment pas bon. Ceci dit, je pensais tout de même avoir saisi l’essentiel de ses propos : … affecte tous les continents … principe de confiance dans la science, écouter celles et ceux qui savent … nous ne sommes qu’au début … mobiliser tous les moyens financiers nécessaires … mobilisation économique et sociale … protéger les plus démunis, les plus fragiles … faire bloc, grande discipline individuelle et collective … dire « nous » plutôt que « je » … inventer de nouvelles solidarités … interroger notre modèle de développement, les faiblesses de nos démocraties … des biens et des services en dehors des lois du marché .... Et à plusieurs reprises,il a prononcé mobilisation générale et quoi qu’il en coûte.Quelle n’a pas été ma stupeur en entendant ces mots ! Au fil du discours, la sidération a fait place à la joie et à l’espoir. Incroyable, formidable, je n’arrivais pas à qualifier ce moment tant attendu, espéré, rêvé. J’étais un homme heureux et je ne devais pas être le seul !Depuis le temps que la communauté scientifique internationale nous alertait, avec de plus en plus d’images apocalyptiques à l’appui, le Président avait enfin osé dire les choses, assumer la réalité de la situation, prendre les décisions ! Il avait eu ce courage politique qui fait, parfois, d’un Président de la République un grand chef d’Etat, devant l’Histoire, devant son peuple, devant la nation, devant le monde.Cette nuit-là, j’ai mal dormi. J’ai rêvé que j’allais voir mon Maire, des associations pour proposer mes services. J’imaginais des centaines de milliers de personnes faire comme moi. Avec cette mobilisation générale et quoi qu’il en coûte comme l’a souligné le Président, nous allions pouvoir envisager un avenir plus serein et inventer de nouvelles solidarités. Il est probable qu’il y aurait des réticents, des opposants, notamment parmi le milieu économique et financier, mais le Président l’a dit, l’Etat prendra sa part et ne laissera personne sur le carreau.Bien sûr, j’aurais préféré que ça se passe dans un cadre démocratique, avec l’assemblée nationale faisant bloc, dans une unité parlementaire. Mais sans doute la situation l’exigeait, il fallait faire vite comme les scientifiques le disaient. Il fallait prendre des mesures exceptionnelles dans un climat d’empathie.Quel discours !Quand je me suis réveillé le matin, encore dans un état second d’euphorie, j’ai allumé la radio comme à l’habitude. Bien au chaud dans mon lit, j’écoutais alors les informations de 6h30. Tout à coup, mon cœur s’est arrêté de battre. Ils repassaient des extraits du discours du Président. J’ai compris alors qu’il parlait du coronavirus et non de l’urgence écologique.J’ai éteins le poste et, envahi d’une grande tristesse, je suis resté couché. »Sentant mon ami encore bouleversé, je lui disais que la situation sanitaire et sociale, liée au coronavirus, était de plus en plus grave et qu’il était normal que le Président intervienne. Mais j’ajoutais être convaincu que, dans un avenir proche, le Président tiendrait à nouveau ce type de discours, prononcerait ces mêmes mots qu’avaient tant touché mon ami. Voyant son étonnement, je précisais que les conclusions et propositions de la Convention citoyenne pour le climat seraient bientôt à son agenda. « Le Président va très probablement déclarer une nouvelle fois la mobilisation générale », lui dis-je. La Convention citoyenne pour le climat a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. Décidée par le Président de la République, elle réunit cent cinquante personnes, toutes tirées au sort ; elle illustre la diversité de la société française. Elle remettra ses conclusions au mois d'avril 2020.


Le 16 mars 2020 Bernard Lemoult - Directeur du Collège des transitions sociétales

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